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Bertrand Piccard, héritier d'une famille d'aventuriers

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 Article publié le 09-03-2015 par PAYRO Eléonore

Ce lundi matin à l’aube, Solar Impulse 2 a pris son envol à Abu Dabi pour un tour du monde qui devrait durer cinq mois. A l’origine de ce projet, Bertrand Piccard, psychiatre suisse et descendant d’une famille qui collectionne les exploits scientifiques.

 

 

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 Bertrand Piccard le 3 mai 2013, au moment du vol de Solar Impulse entre San Francisco et New York.
Crédits photo Flickr/CC/Inhabitat Blog

 

 

« Je sens que je vais pleurer comme un enfant demain ». A la veille du départ de Solar Impulse 2, Bertrand Piccard, interrogé par le quotidien suisse 24 Heures, peine encore à y croire. Plus de dix ans ont été nécessaires pour développer ce projet que certains pensaient utopique. Réaliser un tour du monde dans un avion en fibres de carbone, uniquement grâce à l’énergie solaire et sans une goutte de kérosène, c’était l’idée un peu folle de ce psychiatre suisse de 57 ans.

 

Car ce fils de scientifiques a l’exploit dans la peau : son grand-père Auguste, physicien, est le premier a avoir réalisé un vol dans la stratosphère, en 1931. C’est lui qui a inspiré à Hergé le personnage du Professeur Tournesol. Son père, Jacques, choisit lui les profondeurs à l’altitude : l’océanographe est le premier à toucher le fond de la fosse des Mariannes en 1960.


A 11 ans, le jeune Bertrand Piccard s’émerveille du vol d’Apollo 11, mais laisse ses ambitions d’astronaute au placard. Sa mère, pianiste virtuose, l’encourage à préférer l’humain aux expériences scientifiques. Il deviendra psychiatre.

 

Mais son envie de voler le rattrape. ULM, montgolfière, parapente… Le Lausannois s’essaie aux sports aériens et devient champion européen de voltige en deltaplane à 27 ans. C’est en 1999 qu’il rejoint ses aînés au panthéon des records : après trois tentatives, il réalise le premier tour du monde en ballon, avec son copilote britannique Brian Jones. Véritable fierté nationale, Bertrand Piccard entre dans le cercle des aventuriers modernes, rejoignant l'« explorer's club », fréquenté par Neil Armstrong, dont ses aînés étaient déjà membres.

 



 

Le charisme au service de l’innovation


« On pense souvent que les aventuriers sont insensibles, je peux vous dire que c’est faux, j’ai des papillons dans le ventre », avoue-t-il à 24Heures. Avant le départ de Solar Impulse, le psychiatre tente de garder son calme. Adepte de l’hypnose, -c’est d’ailleurs par l’auto-hypnose que le pilote va gérer son sommeil pendant les périodes de vol- Bertrand Piccard semble loin du cliché du scientifique sans émotions.


En octobre 2014, il publie « Changer d’altitude, quelques solutions pour mieux vivre sa vie » (Editions Stock). Couplant son expérience d’explorateur à celle de médecin, l’héritier des Piccard reste fasciné par l’humain. C’est d'ailleurs davantage par affinités que pour leurs compétences qu’il a choisi ses partenaires de vol. Sa femme, Michèle, est sa « principale égérie » et s’occupe de la communication de Solar Impulse. Père de trois filles, il était l’un des intervenants du Women’s Forum de 2013, où il a donné ses conseils aux femmes pour réaliser leurs projets.

 

Très souriant, charismatique et excellent communiquant, le Suisse a parcouru le monde à la recherche de fonds pour financer son dernier bébé. Plus de 150 millions de francs suisses (environ 140 millions d’euros) ont été nécessaires pour monter Solar Impulse. Fort de son image d’aventurier et de ses précédents succès, les mécènes lui font confiance : Omega, Bayer ou Moët Hennesy font partie des sponsors. Le projet sera finalement développé dès 2003 à l’école polytechnique de Lausanne (EPFL) et l’avion actuel construit à Payerne, toujours en Suisse. En 2010, Solar Impulse opère son premier vol. Depuis, l’équipe formée de soixante-dix personnes a multiplié les essais avant de tenter le premier tour du monde en avion grâce aux énergies renouvelables.

 


  

 

« Je comprends les héritiers de certaines lignées qui restent dans leur coin »


Davantage chercheur que militant écologiste, l’instigateur de Solar Impulse veut montrer au monde que voyager grâce au solaire est possible : « Nous ne voulons pas révolutionner l’aéronautique mais plutôt révolutionner les pensées. Avec les énergies propres, on pourrait diviser par deux la consommation énergétique », défend-t-il dans un article de 20 Minutes. Avec un but assumé : sortir des pages « sciences » des journaux pour toucher un public plus large.

 

Héros de l’aventure Solar Impulse, Bertrand Piccard n’était pourtant pas dans le cockpit lors du décollage ce matin à Abu Dabi. La cabine de 3,8 mètre cube ne peut accueillir qu’un seul pilote. C’est son compatriote André Borschberg qui a eu l’honneur d’inaugurer le périple. Bertrand Piccard le remplacera à Oman, où l’avion est attendu ce soir pour sa première étape.

C’est lui qui clôturera ce tour du monde fin juillet en atterrissant à Abu Dabi. L’héritier d’une dynastie d’explorateurs devrait faire honneur à sa famille, même s’il admet une certaine pression dans un portrait que Libération lui accorde en 1999 : « Si je réussis, c'est normal. Si je rate, je suis moins bon que mes père et grand-père ». Avant d'ajouter « Je comprends les héritiers de certaines lignées qui restent dans leur coin ».

 

 



 

La NASA n'exclut pas l'hypothèse de la vie sur Mars

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 Article publié le 06-03-2015 par PERRIER Florian

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La planète Mars prise en photo par le rover Curiosity en mission pour la NASA en 2012

Crédit photo : Flickr/CC/NASA

 

La vie sur Mars ? Pas impossible d’après une dernière étude de la NASA publiée dans le magazine Science. Les scientifiques assurent qu’un océan plus grand que l’Arctique recouvrait la planète rouge il y a quelques milliards d’années. Décryptage de l’étude.

 

 

« Les résultats permettent l’idée d’habitabilité et d’évolution de la vie sur la planète », affirme Geronimo Villanueva, scientifique au centre de vol spatial Goddard à la NASA et auteur principal du papier publié dans Science. Pendant six ans (équivalents à trois années martiennes), les scientifiques ont recensé plusieurs fois la présence de deux molécules bien précises. La molécule d’eau ou H20 (deux atomes d’hydrogène et un atome d’oxygène) et la molécule de deutérium ou HDO, plus connue sous le nom d’eau lourde. Le deutérium est issu d’une variation naturelle au cours de laquelle un atome d’hydrogène de l’eau se « renforce ».

 

 

Une météorite vieille de 4,5 milliards d'années comme témoin

 

Quand l’eau classique (H2O) est perdue sur Mars, la concentration de deutérium (variation de l’H2O) dans l’eau qui reste augmente. Une fois que l’on sait cela, on peut estimer la présence d’eau sur Mars. Plus la concentration en deutérium est grande et plus d’eau a été perdue.

 

Les chercheurs de la NASA ont utilisé une météorite vieille de 4,5 milliards d’année. Ainsi, ils ont pu comparer les ratios de HDO par rapport au H2O dans cet échantillon avec les ratios obtenus au cours des six années de recherche. Geronimo Villanueva appuie la pertinence de cette méthode : « En déterminant la quantité d’eau perdue dans l’espace, l’étude fournit une estimation solide de la quantité d’eau sur Mars auparavant ».

 

 

Un océan comparable à la Mer Méditerranée

 

Les scientifiques ont calculé que la quantité d’eau présente il y a 4,5 milliards d’années était suffisante pour couvrir l’ensemble de la surface avec un océan d’une profondeur de 137 mètres. Cependant, les résultats ont également permis d’estimer les microclimats (variations régionales) et les changements de saisons et permettent de conclure que la planète rouge n’a sûrement jamais été complètement submergée. Au regard de la topologie de Mars, l’hypothèse la plus crédible est la présence d’un océan au Nord. Celui-ci occupait alors 20% de la surface totale il y a 4,5 milliards d’années. A titre de comparaison, l'Arctique recouvre 17% de la surface de la Terre.

 

Pour se représenter la grandeur de cet océan, Geronimo Villanueva compare sa profondeur à celle de la Mer Méditerranée. Aujourd’hui, Mars a perdu 87% de l’eau qui la recouvrait à cause des changements de pression et de chaleur nécessaires pour conserver l’eau à l’état liquide. A ce moment, l’océan diminue donc, l’eau qui reste se condense et gèle vers les pôles nord et sud, donnant à Mars les calottes glaciaires que l’on voit aujourd’hui.

 

Quid de la vie sur Mars? C'est la question existentielle que se pose la NASA. L'agence s'approche aujourd'hui d'une réponse avec cette étude : la planète a été couverte d'eau pendant plus d'1,5 milliards d'années, c'est-à-dire plus de temps que ce qui fut nécessaire au développement de la vie sur Terre.

 

 



 

La France, championne des sports méconnus

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 Article publié le 06-03-2015 par PAYRO Eléonore

Au-delà du handball, du tennis ou de la natation où les succès français sont connus et célébrés, on ignore tout de certains sports où la France est pourtant championne du monde ou d'Europe. Éclairage sur cinq sports insolites et peu médiatisés, où les équipes françaises brillent.

 

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  Le club Paris V en entrainement de hockey subaquatique - Crédits Eléonore Payró
 

 

1. Hockey subaquatique

A mi-chemin entre le waterpolo et la plongée en apnée, le hockey subaquatique est né en Angleterre au milieu des années 1950. Six joueurs et jusqu’à quatre remplaçants par équipes, entièrement en apnée et armés d’une crosse courte et de palmes, s’affrontent au fond de l’eau pendant deux mi-temps de quinze minutes. L’objectif est le même qu’en hockey classique : mettre le palet, qui pèse ici 1,3 kilo, dans les goals immergés de l’adversaire.


 

Médiatiser un sport dont l’action se déroule jusqu’à quatre mètres de profondeur reste encore compliqué : de l’extérieur, on ne suit que difficilement la progression du jeu. La France a pourtant remporté les championnats du monde bisannuels en 2013 après une victoire en 2008, et gagné les jeux européens trois fois depuis 2003.
Ce reportage en véritable immersion suit l'entrainement du club de hockey subaquatique Paris V, et nous éclaire sur ce sport des profondeurs.

 


  

 

2. Kayak-polo

Deux équipes de cinq joueurs, chacun dans un kayak, s’affrontent pour marquer le plus de panier possible. Le kayak-polo s’apparente donc à une version navale du basketball. Les règles de jeu y sont similaires, mais les difficultés de déplacement causées par les kayaks donnent au kayak-polo toute sa spécificité. En piscine ou en extérieur et pendant vingt minutes, les équipes tentent de marquer le plus de points. 



Organisés en Normandie pour leur dernière édition, les championnats du monde ont vu la victoire de l’équipe masculine française, qui ajoute une troisième médaille d’or à son palmarès, soit tout autant qu’en coupe d’Europe.



3. Rollersoccer

Coupler rollerdisco, comme dans le film La Boum, mais au football, c’est le concept étonnant du rollersoccer. Troquant les crampons contre les patins à roulette, les cinq joueurs jouent ensuite un football assez traditionnel. 



Depuis dix ans, ce sport connaît un grand développement en France, où le club marseillais AMSCAS impose sa domination. Champions indétrônables depuis 2009, les Marseillais ont remporté six coupes du monde des clubs.

 

 

4. Hardcourt bike polo
Sport urbain par excellence, le hardcourt bike polo remplace les chevaux du polo anglais par des vélos. Historiquement joué dans des garages souterrains, les trois joueurs sur selle se passent la balle avec de longues crosses sur le bitume. Né dans les années 1990 à Seattle et pratiqué à l’origine par des coursiers après leur journée de travail, le vélo-polo ne compte encore que peu d’adeptes en France.


Dominés par des équipes américaines, les championnats internationaux de hardcourt bike polo voient depuis quelques années une équipe française s’imposer progressivement. Après une première victoire internationale en 2012, le club "Call Me Daddy" a remporté les derniers championnats du monde organisés en 2014 à Montpellier, en plus d’être trois fois champions européens et français.    

 

 

5. Flag football

Trop brutal le football américain ? Pour remplacer les plaquages spectaculaires, le flag football mise sur l’arrachage de foulards. Un ballon ovale et des buts surélevés comme au rugby et des règles similaires à celle du football américain, mais les ressemblances s'arrêtent là. La spécificité du flag football, comme son nom l'indique, c'est un foulard accroché à la taille qu’il faut impérativement conserver. Cette particularité permet d’offrir un sport moins violent pour accueillir les joueurs les plus jeunes et créer des équipes mixtes.

 

L’équipe nationale française tente de se faire une place dans un sport encore très anglo-saxon, et a remporté la coupe du monde de 2006. Au niveau européen, après deux victoires consécutives en 2005 et 2007, les Français se sont retrouvés en sixième position aux championnats de 2009.

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Christiane Taubira, garde-fou des Sceaux

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 Article publié le 05-03-2015 par PERRIER Florian

 
Christiane Taubira
Christiane Taubira avec les Jeunes Socialistes le 14 mars 2013
Crédit photo : Flickr/CC/Philippe Grangeaud (PS) 

 

De façon presque systématique, Christiane Taubira la ministre de la Justice répond aux critiques qu'elle suscite. Mercredi encore, la Garde des Sceaux a réagi aux accusations de Gérald Darmanin, député-maire de Tourcoing (dans le Nord). Voici un Top 5 des altercations entre Christiane Taubira vs. détracteurs.

 

1/ Darmanin vs. Taubira. "Pas de pitié à gaspiller"

 

Mardi matin, Gérald Darmanin, député-maire UMP de Tourcoing, sur l’antenne de LCI et Radio Classique, accable Madame Taubira qui, « par sa politique pénale et son laxisme, fait monter le Front National ».

A l’Assemblée nationale, le Premier ministre Manuel Valls réagit vivement dans l’après-midi : « Ni la jeunesse, ni la campagne électorale, ni le combat politique ne doivent vous permettre de tenir de tels propos et nous ne le permettrons pas ».


 

Malgré cela, Gérald Darmanin persiste et signe. Sur le plateau de France Info hier matin, il réitère ses propos.



Un peu plus tard dans la matinée, à la sortie du Conseil des ministres, Christiane Taubira affirme sèchement : « Je n’ai pas de pitié à gaspiller pour ce Monsieur » qui exprime « une trépidation envieuse vis-à-vis d’un parti politique plus doué que le sien »


 

2/ Leclère vs. Taubira. « C’est une sauvage »

 

« Un singe, ça reste un animal, un noir c’est un être humain ». C’est la défense d’Anne-Sophie Leclère. Le 17 octobre 2013, l’ex-candidate FN aux municipales dans les Ardennes, apparaît dans le magazine Envoyé spécial sur France 2 et justifie un photomontage mettant en scène un singe et Christiane Taubira. L’ex-candidate FN clarifie son message : « C’est vraiment pour dire c’est une sauvage, c’est pas par rapport au racisme ». Une défense qui n’a pas convaincu le FN qui a suspendu la candidate.

 

 

Deux jours plus tard, Christiane Taubira souligne « la pensée mortifère et meurtrière de ce parti, le Front National », dont le contenu « c’est les Noirs dans les branches des arbres, les Arabes à la mer, les homosexuels dans la Seine, les Juifs au four et ainsi de suite ». Cette réponse avait valu un communiqué du FN dénonçant des propos « outranciers » et annonçant l’ouverture d’une « procédure judiciaire » à l’encontre de la ministre de la Justice.


En 2014,  le tribunal correctionnel de Cayenne a condamné Anne-Sophie Leclère à 9 mois de prison ferme, 50.000 euros d’amende et 5 ans d’inéligibilité. Le procès en appel aura lieu le 10 avril 2015.

 

3/ Estrosi vs. Taubira. Des altercations à répétition

 

Le 25 novembre 2014, Christiane Taubira tweete son indignation à l'annonce de l'acquittement prononcé à l’encontre de Darren Wilson, le policier ayant tué Michael Brown, à Ferguson (Missouri, Etats-Unis). Elle cite même Bob Marley pour mettre en lumière le jeune âge de plusieurs Noirs tués aux Etats-Unis : « Tuez-les avant qu’ils ne grandissent » (extrait de I shot the sheriff).

 





 
Traduction : #MickaelBrown, qui peut croire que les races existent encore? Ou ont déjà existé? Qui te remplacera dans le ciel de promesses? Personne!



Traduction : Quel âge avait #Mickael Brown? 18 ans. #TrayvonMartin? 17. #TamirRice? 12. Quel âge aura le prochain? 12 mois? "Tuez-les avant qu'ils ne grandissent" Bob Marley

Sur iTélé, Christian Estrosi, député-maire UMP de Nice, dénonce un "dérapage" et poursuit : « Si madame Taubira veut faire de l’ingérence aux Etats-Unis, moi je n’accepterai pas que les Etats-Unis en fassent en France ».

Taubira/Estrosi, un duo reformé après un premier échange sous tension à l’Assemblée nationale en septembre 2013. Christian Estrosi dénonce à l'époque la politique de la Garde des Sceaux. Il décrit une « incitation à la violence » suite au braquage d'une bijouterie à Nice qui a mal tourné. Christiane Taubira s'empresse alors de souligner l’héritage d’une « situation désastreuse » due au gouvernement précédent.

 


 

 

4/ Jacob & Aboud vs. Taubira. Un triangle infernal

 

4 février 2013, Assemblée nationale, débat sur le mariage pour tous. Elie Aboud, député UMP, reprend l’expression « triangle rose » employée quelques jours plus tôt par Christian Assaf, député PS. Il cite un « pédopsychiatre reconnu » qui « alerte toute la société » et ne parle pas « du triangle rose mais du triangle noir, avec l’inscription SOS danger ». Christiane Taubira, très remontée, juge « inqualifiable de faire un mot d’esprit sur une expression pareille », qui rappelle le régime nazi. Le chef de file des députés UMP, Christian Jacob, répond de façon véhémente et dénonce l’« indigne comportement » de Christiane Taubira. Il demande « un mot d’apaisement à Mme la Ministre ». Ce que Christiane Taubira, dans une dernière intervention, refuse en rappelant les députés UMP à l’ordre : « Vous ne pouvez pas tout vous permettre dans cet hémicycle ».

 


 

5/ Valls vs. Taubira. C'est ma réforme

 

Christiane Taubira ne répond pas seulement aux critiques de l'opposition et n’a d'ailleurs pas peur de défier l’exécutif. Manuel Valls affirme dans une note du 25 juillet 2013 avoir plusieurs « désaccords » avec la ministre de la Justice sur le projet de loi pénale. Christiane Taubira répond le 31 août dans Le Monde. Elle affirme notamment que retarder des réformes sensibles pour des raisons électorales « serait non seulement de l’irrespect envers (les) concitoyens, mais une faute éthique et une erreur politique ». On sait cependant que Manuel Valls a assuré que le projet serait examiné « après les élections » municipales de mars 2014. Pas un problème à l’époque pour Christiane Taubira qui veut discuter du texte au Parlement « dès que possible ».



 

La troupe de So Foot lance Society, 100% sans numérique

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 Article publié le 05-03-2015 par PAYRO Eléonore

 

Après les magazines spécialisés, le groupe So Press (So Foot, So Film, Doolittle…) se lance dans l’actualité généraliste. Le bimensuel Society vise à renouveler le genre du magazine de société, en adaptant la formule qui a fait le succès des autres titres du groupe : ton décalé, sujets insolites et témoins au cœur des enquêtes seront l’ADN du journal. Que sait-on de ce numéro déjà très attendu?

 

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Kiosque à journaux au carrefour d'Odéon à Paris. Crédits : Flickr/CC/Mo

 

 

"Le meilleur magazine du monde" est en kiosque demain. Très fier de son nouveau bébé, Franck Annese, le patron de Society, entouré de Stéphane Régy et Marc Beaugé qui le secondent à la direction, défend son magazine dans son premier éditorial.

Après So Foot et son pendant jeune So Foot Junior, So Film ou encore Doolittle, le groupe de presse qui mise sur le papier à l’ère du numérique cherche à toucher un public plus large. Avec un objectif de 60.000 exemplaires vendus par numéro, le bimensuel Society veut faire mieux que son prospère aîné So Foot, qui tourne à 50.000 exemplaires chaque mois.

 

 

A bientôt 40 ans, cet ancien de l’ESSEC, une grande école de commerce parisienne, avait envie « d’élargir le spectre ». Fort du succès de So Foot qui a fêté ses dix ans en 2013, Franck Annese a réussi à convaincre actionnaires privés et abonnés fondateurs de lui faire confiance. 700’000 euros empruntés à la banque, tout autant que l’argent reçu de la demi-douzaine d’actionnaires privés, et 50’200 euros récoltés en 40 jours à travers le site de crowdfunding KissKissBankBank.

 

L’objectif initial de cette levée de fonds participative? A peine 6315 euros, largement dépassés, notamment grâce aux huit donateurs de luxe ayant souscrit à "l’abonnement à vie" pour 999 euros. Avant même sa sortie, Society compte 936 "kissbankers" abonnés fondateurs, auxquels s’ajoutent 3500 abonnés "classiques", selon Mediapart, qui montrent déjà leur espoir et leur confiance en ce quinzomadaire.

 

 

Du fait divers à la grande enquête

 

Mais que trouvera-t-on dans ce premier numéro ? Society a levé le voile sur son sommaire en début de semaine en diffusant sa première couverture. Avec sa police d'écriture rétro et ses couleurs franches, c'est une couverture très différente des Unes plus classiques auxquelles nous avaient habitués So Foot et So Film, qui mettaient en avant une célébrité du milieu. La cover de Society semble ainsi rendre hommage aux fanzines vintage. C’est justement cette idée du "fait maison" qui était à l’origine de So Foot, comme l’explique Stéphane Régy dans les Inrocks. "So Foot est un fanzine qui a réussi et qui a trouvé son chemin en kiosque, on s’inscrit dans la même lignée". 


 



 

Vendu 3,90 euros et fort de 116 pages, Society promet de s’intéresser à toute l’actualité, politique, économique, sportive ou culturelle. Parmi les sujets au menu, un reportage sur une croisière pour fans de heavy metal, le portrait de Ross Ulbricht, le créateur d’un "ebay de la drogue", un papier sur l’application de drague Tinder et les interviews de François Fillon, l'acteur principal d' "Hippocrate" Vincent Lacoste et du réalisateur césarisé Abderrahmane Sissako. Un grand écart thématique avec une constante : "raconter des histoires incarnées", comme le veut Annese, cité dans les Inrocks. Avec un goût assumé pour le second degré et les faits divers, véritables sujets d’enquête, un peu comme So Foot le fait déjà. "On veut faire un mag très libre avec des histoires, de l’humain et des choses vraiment absurdes. On se marre rien qu’à l’idée de faire certains sujets" avaient déjà claironné les trois têtes pensantes Annese-Régy-Beaugé dans un interview à Libération en octobre 2014.

 

 Une cible plus jeune que les lecteurs des hebdos d'actualité

 

Dans l’éditorial publié sur le site du magazine, c’est une certaine vision du journalisme qui est mise en avant : "Society dépeindra notre société, c’est-à-dire le monde dans lequel nous vivons. À notre façon. Avec passion, distance, humour, pertinence, impertinence ; avec amour, toujours".

 

Le rythme de publication et la ligne éditoriale place Society entre l’hebdomadaire d’actualité (L’Obs, L’Express, Le Point…) et le mook (ces hybrides entre magazine et livre, comme la revue XXI). C’est justement cet entre-deux qui fera le succès de Society. C’est du moins l’espoir de Marc Beaugé, également directeur de la rédaction et chroniqueur pour M le magazine du Monde et le Supplément de Canal Plus, où il rhabille les personnalités. Pour cet ancien stagiaire de So Foot qui a quitté les Inrocks pour revenir à So Press, aussi soigné et élégant que Franck Annese parait brouillon et adolescent avec sa casquette de pompiste et sa barbe en fouillis, le modèle de Society permettra de rester dans l’actualité tout en ayant le temps de creuser les sujets. En attirant un public plus jeune que celui des hebdomadaires classiques.

 

Pourtant créés par et pour une génération perçue comme ultra-connecté, les magazines de So Press sont inexistants sur le Web. Seul So Foot possède un site actif, les autres n’étant que des vitrines des magazines. Car l’équipe dirigeante "aime le papier" et le revendique. Alors qu’on parle d’une crise de la presse écrite, la formule So Press semble fonctionner. Selon Libération, 80% du chiffre d’affaires de la petite entreprise de 43 salariés fixes repose sur les magazines vendus en kiosque et les abonnements, les 20% restants se partageant entre recettes publicitaires et contenus éditoriaux pour des marques. Avec 350.000 euros de résultats nets en 2013, So Press marche. Plutôt pas mal pour un média qui avait commencé dans un garage sous-terrain sans fenêtres, le rappelle Javier Prieto-Santos, rédacteur à So Foot, à Libération.

 

 

Le premier numéro de Society sera publié exceptionnellement à 200.000 exemplaires, mais trouvera-t-il son public ? Réponse vendredi 6 mars en kiosque.

 



 
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