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Les raisons pour lesquelles la Russie devrait renoncer la Crimée

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 Article publié le 17-03-2014 par KOWALSKA Anna

Pendant que les Criméens fêtent les résultats du référendum à l’issue duquel 96,6% des votants ont demandé le rattachement à la Russie, les pays occidentaux s’interrogent sur l’avenir de l’Ukraine. Au port de Sébastopol, le drapeau de la Russie flotte depuis longtemps, mais le rattachement n’est pas encore une réalité.

 

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Crédit Photo : Flickr/CC/robinkoskas 

 

Selon les résultats officiels, presque 97% des votants du référendum organisé dimanche en Crimée se sont dits favorables à un rattachement à la Russie. Pourtant, ce résultat ne signifie pas l’annexion directe. C’est le Kremlin qui va décider de l’avenir de la région. La demande de rattachement formulée par le Parlement de Crimée sera examinée le 21 mars par la Douma à Moscou. Quelles raisons peuvent décourager les autorités russes à une fusion immédiate?

 

Les Tatars de Crimée

 

Apres le rattachement, la Russie va devoir accueillir la minorité de Tatars de Crimée, une communauté musulmane qui s’oppose à la sécession. Les Tatars représentent environ 12% de la population de la péninsule, mais leur proportion peut augmenter – leur solde naturel est plus élevé que ceux des Slaves. Les Tatars, depuis le début de la crise, évoquent leur origine turque et n’acceptent pas le référendum.  L’annexion peut entraîner des tensions ethniques et religieuses. En plus, la Turquie se dit liée avec les Tatars de Crimée, il est donc possible que le rattachement détériore les relations turco-russes.

 

L’argent

 

La fusion avec la Crimée coûte cher. La péninsule est attachée au budget ukrainien et ne possède pas de sources d’eau potable et d’énergie électrique. L’Ukraine alimente la Crimée avec 90% de l’eau, 80% de l’électricité et 60% des produits alimentaires. Les autorités locales estiment que l’amélioration des infrastructures va coûter 3 milliards USD. Vu que la Russie ne possède pas de connexion continentale avec la Crimée, les investissements seront conséquents. Aujourd’hui, la Fédération de Russie soutient l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud, mais les deux comptent 250.000 et 70.000 habitants, alors que la Crimée en compte 2 millions. Moscou fait face à une crise sévère, la nécessité des dépenses supplémentaires peut être très handicapant pour le budget.

 

Les territoires postsoviétiques

 

Le changement de la frontière russo-ukrainienne est sans précèdent sur les territoires post-soviétiques. La Crimée russe peut susciter l’inquiétude des autres républiques qui, avant 1991, appartenaient à l’URSS et ont des minorités russophones. La situation est principalement tendue au Kazakhstan et en Biélorussie. Le rattachement de la Crimée peut entraîner des mouvements contre la population russe dans ces pays. Moscou, par contre, peut utiliser ce prétexte comme une invitation au rattachement des régions frontalières : 10% de la population biélorusse se proclame russe, au Kazakhstan, 25%.

 

Les relations avec l’Europe et les États Unis

 

L’annexion de la Crimée va sans doute détériorer les relations russes avec l’Union Européenne et les Etats Unis. L’offensive russe inquiète particulièrement les pays de l’Europe de l’Est qui craignent la reconstruction de la puissance russe. Sans la fusion, malgré le résultat du referendum,  la Russie montrerait sa volonté de discuter, éviterait les sanctions et pourrait regagner progressivement la confiance de l’occident. En revanche, avec la Crimée qui appartient à Moscou, les relations bilatérales entre l’UE et la Russie peuvent être suspendues, une situation menaçant l’économie russe.



 

Pour le Financial Times et le New York Times, le modèle c'est le paywall

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 Le paywall du New York Times. Crédit photo Christophe Borer (flickr.com/christoph.ch)
 
 
 
 

New York Times et Financial Times : un « mur payant » fructueux

 

Le paywall (« mur payant ») est un système mis en place par de nombreux sites d’actu pour essayer de gagner – enfin – de l’argent sur internet. En enregistrant les visites des usagers, il permet la lecture d’un certain nombre d’articles avant de demander une souscription. Mesure toujours disputée, elle a été intégrée par certains sites dans les dernières années (le Financial Times l’a adopté en 2007), avant d’être fixée sur le portail du New York Times en 2011 malgré des nombreuses polémiques.

 

Ce « mur payant » semble cependant payer. Selon les chiffres 2013, commentées par John Ridding (PDG du Financial Times) à la conférence Digital Media Strategies il y a quelques jours, « 63% des revenus du FT proviennent désormais de ses contenus et 37% de la publicité (contre plus de 50% en 2008 et environ 75% avant l’émergence du web) », relate le blog Superception. 

 

Pour ce qui regarde la vie économique des journaux sur internet (ou au moins pour le Financial Times), la publicité – traditionnelle revenue principale des entreprises média – devient secondaire par rapport à la vente directe des contenus, permise et favorisée par les paywalls.

 

Le Financial Times met en avant un modèle qui, à première vue, fonctionne. Le groupe a vu une croissance de ses profits de 17%, principalement grâce à la vente des produits numériques (abonnements en ligne, publicité sur le site, services on-line) ; 55% du chiffre d’affaires du quotidien de Wall Street provient des revenus numériques, alors qu’en 2008 il n’était que de 31%. La croissance financière fait écho à l’augmentation des copies vendues : comme l’explique le graphique élaboré par la Columbia Journalism Review, le FT n'a jamais eu autant des lecteurs payants.

 

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  Les lecteurs du Financial Times. En vert le nombre total, en rouge les abonnés provenant du numérique (tablettes, smartphones, internet, etc…), en bleu ceux de l’édition papier. 

 

 

Toujours à Big Apple, coté New York Times, les trois premières années du paywall semblent un succès. Le nombre des abonnés numériques (760 000) a dépassé, pour la première fois, celui des abonnés papier, en apportant au groupe 149 millions de dollars en 2013, soit une croissance de 36% par rapport à l’année précédente. Selon Kannan Venkateshwar, analyste au Barclays, le New York Times « a remis à plat le déficit et ajouté une nouvelle ligne des profits », celle de la « circulation numérique. »

 

Un modèle pas universel : le Guardian, Die Zeit, El Paìs

 

Même s’il est en train de se faire une réputation en tant que modèle rentable, le « mur payant » n’est pas partagé par tous comme stratégie commerciale. Par exemple, Die Zeit, les plus diffusé des hebdomadaires allemand, a décidé de parier sur la différenciation entre l’édition imprimée et le site web, « évitant ainsi la cannibalisation » de la publication, relève Eric Pfanner, journaliste du New Yotk Times. Depuis 2004, Die Zeit a augmenté considérablement ses ventes et a agrandi la rédaction, qui est passé de 120 à plus de 200 personnes. Autre discours, celui de El Pais, le célèbre quotidien espagnol. La société contrôlant le journal étant en mauvais état à cause de certains investissements peu prudents, El Pais aussi est en train de discuter un système de paywall qui, peut-être, sera mis en place au cours de l’année. Le groupe ibérique craint, en fait, qu’un tel système conduirait à une perte de valeur du site, à cause d’une possible chute des visiteurs du portail.

 

Le Guardian, de son côté, a un discours différent. Le journal anglais, dont le site est un des plus visité au monde, n’applique aucun paywall. Selon Katharine Viner du Guardian Australia, mettre l’information derrière des murs n’offre aucune sécurité aux journaux, alors que le futur de l’information se développe hors ces murs. D’ailleurs, le Guardian est un média particulier, en étant propriété d’un trust financier dont le but est la garantie de son indépendance de toute ingérence. Ceci dit, sa situation économique soulève aujourd’hui quelques doutes sur la pérennité de ses convictions.



 

5 tendances numériques à South by Southwest 2014

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Crédit: AA

Crédit photo: AA

 

Des participants venus de 74 pays (contre 55 l’année dernière), un pavillon dédié à la «French tech», un autre à l’Allemagne, des discussions sur la surveillance, la vie privée, les adolescents et les algorithmes qui préoccupent la planète entière… L’édition 2014 de South by Southwest, qui s’est tenue du 7 au 11 mars à Austin, au Texas, était plus internationale que celle de 2013, avec ce «petit goût d’étranger» que n’a pas manqué de souligner CNN. Que retenir des quelque 800 conférences qui se sont enchaînées en quelques jours à un rythme effréné?

 

>> Lire la suite sur W.I.P. (Work In Progress) >>



 

Pour les 25 ans du Web, la cybersurveillance toujours à la Une

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 Article publié le 13-03-2014 par NABAT Agnès

 

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Crédit Photo: Flickr/CC/TechGlam

 

 

Aujourd’hui le Web fête ses 25 ans. La cybersurveillance est, elle, toujours à la Une, avec de nouvelles informations publiées hier par le journaliste spécialisé Glenn Greenwald sur l’espionnage de la NSA. Que faire pour éviter que les utilisateurs ne perdent confiance dans cet outil de partage? Alors qu’Internet est né d’une utopie libertaire, on appelle aujourd’hui à le règlementer.

 

Le 12 mars 1989, le chercheur Tim Berners-Lee théorise la manière d’accéder facilement à des fichiers sur des ordinateurs reliés entre eux : le World Wide Web (le fameux « www ») est né. Ce nouvel outil d’Internet a révolutionné notre manière de communiquer, de créer et de travailler. Aujourd’hui, plus de deux personnes sur cinq sont désormais connectées. Chaque minute, des centaines de millions de messages sont échangés, 20 millions de photos partagées, 15 millions de dollars de transactions de biens et de services effectuées.

 

 

Les origines libertaires du « Web »

 

Il ne faut pas confondre le « Web » avec « Internet », qui est l’interconnexion des réseaux informatiques, inventés dans les années 70 aux Etats-Unis. La métaphore de France Info est parlante : « Internet ce sont les routes et le Web ce sont les voitures ». « Le Web, c'est ce qui a apporté de l'intelligence et du contenu à Internet. C'est tout simplement ce principe de pages contenant des informations reliées entre elles par des liens hypertextes cliquables ».

 

Alors qu’Internet est né en Californie de l’appropriation de l’informatique naissant des meneurs de la contre-culture, on considère le Web comme une invention européenne, formalisée par le britannique Tim Berners-Lee et co-développé avec le belge Robert Cailliau.

 

S’il ne faut pas confondre les deux, le Web a lui aussi des origines libertaires. Le « Whole Earth Catalog », fondée en 1968 par Stewart Brand, est considéré comme la préfiguration papier du Web. Stewart Brand avait créé cette revue pour aider les néo-ruraux américains à trouver les outils nécessaires pour se constituer en communauté autosuffisante. Steve Jobs compara en 2005 cette revue annuelle à la « bible » de toute une génération. « C'était un peu comme Google en format papier, 35 ans avant l'existence de Google. C'était une revue idéaliste débordant d'outils épatants et de notions géniales » dira l’inventeur d’Apple. Mais cet ancêtre du Web fait aujourd’hui figure d’utopie.

 

 

Un outil de cybersurveillance

 

« La NSA a mit le feu à Internet » a lancé Edward Snowden lors du South of Southwest, ce festival consacré aux nouvelles technologies organisé chaque année à Austin au Texas. 

 

Paradoxe savoureux : alors que l’idée du web a germé dans le terreau de la contre culture américaine, il est devenu un outil de surveillance au service des gouvernements et des entreprises. Le journaliste Glenn Greenwald a encore publié hier sur son site The Intercept des documents transmis par Edward Snowden sur l’espionnage de la NSA (National Security Agency). D’après ces documents, l’agence de renseignements américaine a implanté dans des millions d’ordinateurs des logiciels lui permettant d'extraire des données de réseaux téléphoniques et Internet à l'étranger. Si l’utilisation de ces logiciels ne concernait à l’origine qu’une centaine de cibles, Glenn Greenwald révèle sur son site qu’elle a était étendue à une « échelle industrielle ».

 

 

Une réglementation pour un Web plus démocratique

 

Des dérives qui montrent la nécessité de réglementer le Web pour en faire un espace libre et sécurisé, sans être aux mains d’un état ou d’un acteur privé.

 

Tim Berners-Lee, l’un des principaux concepteurs du Web évoqué plus haut, est aujourd’hui président de W3C, l’organisme chargé d’établir les normes de ce réseau utilisé au quotidien par des milliards de personnes. Dans un entretien accordé au Monde hier, il appelle de ses vœux « un Bill of Rights de l’Internet » pour empêcher la perpétuation d’un Web hors de tout contrôle citoyen. « Il y a eu de nombreux moments dans l'histoire où des changements se sont produits, où le peuple s'est soulevé pour demander à son gouvernement d'être responsable. […] Nous sommes à un moment similaire, où nous devons demander la même chose pour le Web » dit-il. Tim Berners-Lee se dit « optimiste » et croit dans un « mouvement global » impliquant les citoyens et des organisations comme Webwewant.org pour réglementer le Web. « On dit aujourd'hui que l'Internet est le cinquième pouvoir. S'il n'est pas libre et ouvert, il n'y aura pas de démocratie » conclut-il.



 

Les chantiers titanesques de Matteo Renzi

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 Article publié le 13-03-2014 par MORIN Violaine

Matteo Renzi est le nouveau Président du Conseil italien. Jeune, ambitieux, et une carrière fulgurante. Le maire de Florence est devenu en décembre président du Parti Démocrate, avant d'obtenir la présidence du Conseil le 17 février, à 39 ans. Personne ou presque n'avait prévu une ascension aussi rapide. Matteo Renzi semble décidé à gérer le pays comme sa propre carrière: avec efficacité. Hier en conférence de presse, il s'est donné "100 jours pour changer l'Italie." Quels sont ses moyens pour accomplir les réformes?

 

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Crédit photo: Flickr/PDemiliaromana

 

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