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Italie : La fulgurante ascension de Matteo Renzi

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 Article publié le vendredi, 14 février 2014 Written by PALASCIANO Andréa

La guerre fratricide entre les deux leaders du Partito Democratico italien (PD) s'est soldée par la démission du Président du Conseil Enrico Letta vendredi 14 février. La voie semble donc libre pour le jeune secrétaire général du parti Matteo Renzi, qui a connu une carrière éclair depuis à peine plus d'un an.

 

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Matteo Renzi à Florence en 2010 / Crédit image: Flickr/CC/BTO-Buy Tourism Online


 

Evincé du pouvoir par son cadet, le Président du Conseil en exercice Enrico Letta a remis sa démission au président de la République Giorgio Napolitano vendredi 14 février. Cette annonce survient après l'adoption à une très large majorité par le Parti démocrate d'une motion de défiance demandant la formation d'un nouveau gouvernement. Le chef du PD Matteo Renzi deviendrait le nouveau Président du Conseil. Vierge en politique à seulement 39 ans, Renzi se présente comme le successeur logique à la tête du pays.

 

  • Il Rottamatore" - le rouleau compresseur

 

Il y a seulement un an et demi, Matteo Renzi était un parfait inconnu.

Élu à 34 ans à la mairie de Florence, ville moyenne sans poids politique particulièrement important, il a depuis connu un parcours sans précédent. Depuis le 8 décembre dernier, il est à la tête du Parti démocrate, le plus grand parti italien - héritier du Parti communiste - majoritaire dans la coalition actuelle.

 

Sans expérience parlementaire et sans autre mandat électif que la mairie de Florence, il doit son succès à son style jeune et dynamique, mais aussi à la fossilisation de l'élite politique italienne. À la tête du PD, celui que l'on surnomme „il rottamatore" („rottamare" signifie „mettre à la casse"), a mis sur pied un programme de réformes urgentes. Sa mesure phare prévoit une refonte du système électoral italien. Pour son élaboration, Renzi n'a pas hésité à consulter Silvio Berlusconi.

 

  • Tuer le père - Letta évincé

 

Le duel entre les deux ténors du PD s'était amorcé dès les premières semaines de Renzi à la tête du parti. Renzi a en effet multiplié les attaques contre le président du Conseil au fil des semaines. Après un long entretien entre les deux hommes mercredi, Letta a tenté de lutter en présentant mercredi soir à la presse un programme de gouvernement. Mais le vote de la motion de défiance de jeudi a été sans appel. Letta s'est incliné. 

 

  • Un réformateur sans programme

 

Matteo Renzi sera ainsi vraisemblablement le troisième Président du Conseil consécutif - après Mario Monti et Enrico Letta lui-même - à ne pas être passé par les urnes. Sans légitimité parlementaire, Renzi manque également d'un programme concret. Sa stratégie est ainsi bâtie notamment sur la création d'un sentiment d'urgence réformatrice. Il table ainsi sur la crise politique et économique dans laquelle est embourbée l'Italie pour entreprendre une fuite vers l'avant.

 

Les ingrédients de son succès sont son parler franc et son style direct, l'appel au peuple et la condamnation de la classe politique. Alors que certains journalistes voient en lui un nouveau Tony Blair ou Barack Obama, les parallèles semblent forts avec l'ascension, il y a 20 ans, de l'outsider Silvio Berlusconi, qui avait tablé sur le même cocktail populiste.



 

Leçons de journalisme en banlieues

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Written by ANTHEAUME Alice

Crédit: Flickr/CC/fral-torqui

Crédit photo: Flickr/CC/fral-torqui

Les médias maltraitent-ils les banlieues? Les journalistes sont ils trop blancs et/ou trop bourgeois pour couvrir les périphéries des villes? David Dieudonné, journaliste à l’AFP, invité à donner une master class à l’Ecole de journalisme de Sciences Po, a listé 12 leçons de journalisme apprises en banlieue. «Grâce à» la banlieue, corrige-t-il, alors qu’il vient de finir, en tant que journaliste professionnel, un Master of Arts à Columbia University, à New York, pour confronter son expérience de la banlieue parisienne – dont il a coordonné la couverture à l’AFP de 2010 à 2012 – au modèle américain de lutte contre les discriminations.

 

>> Lire la suite sur W.I.P. (Work In Progress) >>



 

Pourquoi Daft Punk ne rime pas avec Victoires de la Musique

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 Article publié le jeudi, 13 février 2014 Written by AUMONIER Emmanuel

Les Victoires de la Musique récompenseront vendredi soir les meilleurs artistes du monde francophone. Avec un absent de marque, les Versaillais de Daft Punk qui ont décroché 5 Grammy Awards aux Etats-Unis mais ne veulent pas concourir en France. Quelles sont les raisons de cette fronde ?

 

 

 

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 Les Daft Punk avancent masqués.
 

 Que ce soit casqués ou muets, les Daft Punk se sont toujours fait le plus discrets possible. S'ils gratifient les américains de leur présence fantomatique, il existe quelques raisons expliquant leur absence aux Victoires de la Musique.

 

Un groupe à l'ancrage international

 

Selon Christophe Palastre, le président de l'association des Victoires de la Musique, les Daft Punk « se sentent par définition internationaux ». Leur musique dont les paroles sont en anglais s'adresse à un public bien plus vaste que l'hexagone. Déjà en 1991, leur début ne se fit pas en France mais en Angleterre sur un label britannique indépendant. La presse qualifie leur musique de « daft punky trash » : c'est donc ironiquement aux anglais que les Daft Punk doivent leur nom. La dimension du groupe va vite prendre une dimension internationale en 1997, avec leur premier album qui se vend à 2 millions d'exemplaires dans 35 pays différents en 2 mois. Pour leur dernier album, publié Random Access Memories, ils ont poussé à l'extrême cet art du marketing de la rareté, suscitant une attente planétaire à coup de teasers et de rumeurs amplifiées par Internet. Et leur single Get Lucky est en tête des ventes mondiales sur I-Tunes. Daft Punk ne boxe décidément pas dans la même catégorie que les Laurent Voulzy ou Grand Corps Malade.

 

Une maison de disque complice

 

Depuis 1996, puis leur premier album (Homework) qualifié de chef d'œuvre  par la critique, les Daft Punk sont liés à la maison de disque britannique Virgin-EMI Records. Pour leur dernier album, les Daft Punk ont changé de navire pour signer chez Columbia (Sony). Or pour les Victoires de la Musique, les candidats sont proposés pour une part  par les organisateurs et d'autre part par les maisons de disque. Et Sony n'a jamais soumis le dernier album des Daft Punk. Officiellement à la demande des artistes.

 

Daft échaudé craint l'eau froide

 

Les relations entre les Daft Punk et le collège de 600 professionnels (producteurs, interprètes, critiques...) qui attribuent les Victoires n'ont en effet jamais été chaleureuses. Et ce, depuis le premier album du duo, Homework, en 1997. Jamais nommés pour leurs albums ni  récompensés, les Daft n'ont été sélectionnés pour les Victoires qu'en 2007 et 2008 dans la catégorie «Spectacle musical»... avant de perdre face à Olivia Ruiz (2007) et Michel Polnareff (2008). Ce qui pourrait expliquer pourquoi ils snobent la France alors qu'ils concourent par exemple au Brit Awards (homologue britannique des Grammies).

 

Une cérémonie peu suivie et moins attractive que les Grammies

 

L'année dernière, les Victoires de la Musique étaient retransmises sur France 2, France Inter et France Bleu. L'événement avait fait un véritable flop : pire score d'audience jamais enregistré pour la deuxième année consécutive. Soit 11,5%  de part d'audience pour 2,4 millions de téléspectateurs. Pas de quoi faire frémir les Daft Punk, apparemment. Entre grimper sur la scène des Grammies avec Stevie Wonder ou Pharell Williams et donner la réplique à Christophe Maé ou Maître Gim's le choix semble vite fait pour les Daft Punk.

 

Et puis, il n'y a pas forcément besoin d'être une star internationale pour refuser les Victoires de la Musique: Mylène Farmer, Jean-Jacques Goldman ou Serge Lama boudent aussi la cérémonie chaque année.

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 

 



 

Sotchi: les médailles du sexisme

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 Article publié le jeudi, 13 février 2014 Written by PALASCIANO Andréa

Skieuses en sous-vêtements, commentateurs beaufs et athlètes macho. Les J.O. de Sotchi offrent un florilège d'épisodes sexistes. Dans un climat de vigilance accrue, le public et les médias épinglent ces dérapages avec humour ou consternation.

 

 

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Crédit photo: Flickr/CC/Fred Warrande

 

En réaction à la législation anti-gay approuvée par Poutin l'été dernier, les J.O. se distinguent cette année par une ambiance particulièrement gay-friendly sur internet. Dans la même veine, les spectateurs sur les réseaux sociaux et les médias en ligne passent au crible les jeux pour en dénoncer les dérives sexistes. Celles-ci, comme les années précédentes, ne manquent pas à Sotchi en 2014.

               

  • Le monde du sport exhibe ses femmes

 

Dès la veille des Jeux, la Russie commence "en beauté" par un coup de communication plus que maladroit: l'équipe olympique russe publie des photos de ses athlètes femmes en lingerie, prenant des poses dignes de Playboy. Sur le site ayant publié les clichés, les femmes sont qualifiées de "meilleure campagne [publicitaire] pour notre équipe à Sotchi" et il est précisé que ces images réfutent "le stéréotype que les femmes athlètes sont des montagnes de muscles au physique masculin." Les photos évacuent cependant complètement les qualités d'athlètes des sportives.

 

Lors de l'ouverture des Jeux déjà, une touche sexiste n'a pas manqué de ternir le spectacle. Des "pom-pom girls, mais sans pompon" et des "délégations guidées par des créatures habillées comme des Carmen Miranda entrées au carmel", un journaliste a souligné la "beauferie " de la cérémonie. 

 

Si on a l'habitude de voir des athlètes dénudées dans certains magazines, ce n'est pas l'affaire de tous. Il n'est cependant jamais trop tard pour s'y mettre, comme l'a montré le très classique journal suisse La Tribune de Genève en publiant une série de photos des "plus belles athlètes", qui "font monter la température à Sotchi".

 

  • Crimes et châtiments des journalistes

 

Les commentateurs de France Télévisions ne sont pas en reste. Nelson Monfort et Philippe Candeloro se sont illustrés par des propos qui n'ont pas échappé aux confrères et aux spectateurs. Un florilège de remarques sexistes a ainsi émaillé leur couverture des compétitions féminines:

 

- « Je connais un anaconda qui serait bien allé embêter cette Cléopâtre canadienne. »

- « Vous pourrez lui dire que c'est pas la seule à être excitée, elle a un joli sourire cette patineuse. »

- « Elle a des airs de Monica Bellucci, avec un peu moins de poitrine, mais bon... »

 

Ces remarques ont donné lieu à un matraquage dans les médias français, critiquant avec humour ou fermeté ces dérapages d'un autre âge.

 

Les journalistes anglo-saxons sont également de la partie, comme l'a fait remarquer Erin Burnett de CNN. Elle déplore ainsi les commentaires qui suggèrent le retard - de "cinq à dix ans"- des athlètes femmes par rapport aux hommes. S'appuyant sur une étude de l'université du Delaware, elle pointe du doigt la couverture médiatique plus importantes des athlètes hommes, ainsi que l'attribution de leurs victoires à leur qualités, les victoires des femmes étant plus souvent associées à la chance.

 



 

Liberté de la presse: l’année noire des Etats-Unis

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 Article publié le mercredi, 12 février 2014 Written by PALASCIANO Andréa

La liberté de la presse a reculé en 2013 selon le rapport de  Reporters sans Frontières (RSF) publié ce mercredi 12 février. Si cette régression n'est pas surprenante pour des pays en proie à des conflits armés (Mali, Centrafrique), elle l'est davantage pour des démocraties comme les Etats-Unis, qui ont connu une année d'atteintes spectaculaires à la liberté de la presse.

 

 

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Crédit photo: Flickr/CC/Free Press Pics

 
 
 
  • Cancres et bons élèves - un palmarès inchangé

 

Tous les ans, le rapport sur la liberté de la presse de Reporters sans Frontières prend le pouls du droit de la presse à l'échelle mondiale.  Ce rapport annuel classe 180 pays et prend en compte sept facteurs: niveau des exactions, étendue du pluralisme, indépendance des médias, environnement et autocensure, cadre légal, transparence et infrastructures. 

 

Si le classement de RSF témoigne d'une «légère dégradation globale» dans le monde par rapport à 2012, le triplé gagnant reste inchangé: Finlande, Pays-Bas et Norvège sont en tête de liste. Les pays les plus dangereux pour les journalistes restent, comme l'année précédente, la Syrie (177e), leTurkménistan (178e), la Corée du Nord (179e) et l'Erythrée (180e). 

 

La dégringolade de pays en guerre en 2013 n'est pas étonnante. Le Mali et la République Centrafricaine ont ainsi connu respectivement des chutes de 22 places (au 122e rang) et de 43 places (au 109e rang).

 

  • « Chasse aux sources et aux lanceurs d'alerte » - l'ombre portée d'Edward Snowden

 

Les reculs notables touchent plutôt des pays démocratiques et développés parmi lesquels le Japon, les Etats-Unis et le Royaume-Uni. RSF pointe du doigt ces pays où "l'argument sécuritaire est utilisé abusivement pour restreindre la liberté de l'information" au nom d'une "interprétation trop large et abusive du concept de la protection de la sécurité nationale", a indiqué la directrice de la recherche de RSF Lucie Morillon dans un communiqué à l'occasion de la publication du rapport.

 

Les Etats-Unis ont ainsi reculé de 13 places (au 46e rang), se retrouvant entre Haïti et la Roumanie. Le moment le plus marquant de 2013 reste la poursuite d'Edward Snowden, dont les révélations sur les écoutes massives de l'agence nationale de sécurité américaine (NSA) ont ébranlé le monde.

 

Le nom de Bradley Manning, soldat condamné à 35 ans de prison pour  avoir fourni des documents à WikiLeaks, a également marqué les esprits. Ces évènements "sont autant d'avertissements à ceux qui oseraient livrer des informations dites sensibles, mais d'intérêt public avéré, à la connaissance du plus grand nombre", a déclaré RSF.

 

Selon l'ONG, la traque par l'Etat de journalistes d'investigation et de leurs sources au sein des services secrets auraient atteint un niveau inouï. RSF mentionne également l'espionnage subi par le journaliste Glenn Greenwald au Royaume-Uni.

 

Au Japon, RSF estime que la nouvelle législation sur les „secrets d'Etat" nuit à la liberté de la presse : cette loi adoptée en décembre 2013 définit en terme vagues des données d'état secrètes dont la divulgation peut être punie par des peines allant jusqu'à dix ans de prison. Le pays a perdu 5 places et se retrouve au 59e rang

 

  • 2013 - une année chargée pour RSF

 

La publication de ce rapport vient ponctuer une période d'engagement intense pour RSF. La Syrie, les conflits en Afrique mais aussi la Russie à la veille et pendant les J.O. d'hiver à Sotchi restent des chantiers majeurs sur le terrain du droit à l'information.



 
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