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Ils ont fait ou font leur service civique, quatre jeunes racontent

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Le service civique a rencontré depuis sa création en 2010 un franc succès. Au lendemain des attentats et de la marche républicaine du 11 janvier, la question de sa généralisation est reposée. Quatre jeunes qui ont tenté l'aventure témoignent. 

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Image de couverture de la page Facebook officielle du service civique.
 

 

Après les attentats des 7, 8 et 9 janvier, la nécessité de renforcer l'apprentissage des valeurs républicaines s'est imposée comme priorité pour la classe politique. Au coeur de cette réflexion, l'idée d'un service civique obligatoire fait débat. Celui-ci serait le «chaînon manquant de la citoyenneté», selon les mots du porte parole du PS Hugues Fourage au micro de RTL. Avec la proposition de loi préparée par le Parti socialiste et un réferendum évoqué par François Hollande puis dementi par l'Elysée, le service civique n'a pas fini de faire parler de lui. 

Comment fonctionne-t-il ? Sur le papier, il consiste en 6 à 12 mois de travail auprès d'associations, de collectivités territoriales ou d'établissements publics habilités, contre une indemnité mensuelle de 573 euros.

En pratique, il prend la forme de mille et une expériences différentes. Quatre jeunes qui se sont lancés dans cette aventure cette année nous racontent les raisons de leur décision. 

Un véritable choix de coeur

Depuis début janvier, Esther, 22 ans, est assistante de foyer au sein de la communauté d'Aigrefoin de l'Arche, qui accueille des adultes souffrant d'un handicap mental. Diplômée en psychomotricité en juin 2014, elle a choisi de passer 10 mois à Saint-Rémy-les-Chevreuses (Yvelines) dans une ancienne ferme rénovée, où accompagnateurs et bénéficiaires partagent six petits foyers fonctionnant comme des familles. Avant de rentrer sur le marché du travail, c'était pour elle une «manière de revenir à l'essentiel, à une vie plus simple. Et de prendre le temps de découvrir les autres en profondeur». De fait, l'investissement d'Esther est complet puisqu'elle vit 24h/24 avec les personnes accueillies : elle dispose seulement  d'un jour de repos par semaine et d'un week-end par mois.

Se recentrer sur l'humain, c'était aussi la motivation d'Alexis lorsqu'il y a deux ans, il a interrompu son école d'ingénieur pour passer un an au «Bercail», une Maison d'enfants à caractère familial en Alsace. Ce foyer accueille des enfants qui ont été séparés de leurs parents pour leur protection, après décision judiciaire. Alexis était animateur auprès d'eux, mais gérait également avec les autres accompagnants les aspects pratiques du quotidien.

Ces démarches sont toutes les deux des choix indépendants de toute stratégie professionnelle, guidées essentiellement par l'idée d'un épanouissement personnel dans l'aide aux autres. Mais ce n'est pas toujours le cas.

Premiers pas dans un domaine professionnel

Il peut s'agir, pour certains, de retarder leur entrée sur le marché du travail... Mais aussi, pour d'autres, de tenter d'y mettre un pied. Clotilde, 25 ans, était à la recherche d'un emploi après avoir terminé son master en cinéma documentaire, lorsqu'elle a trouvé par hasard un service civique proposé par Ardèche Images.

Cette association bien établie dans le domaine voulait développer un nouveau pôle autour de la diffusion du documentaire dans la région Rhônes-Alpes : le rôle de Clotilde est donc de créer un catalogue de films régionaux récents, et de chercher des partenariats avec les salles de cinéma ou des associations culturelles. Un véritable travail à 35 heures par semaine, qui «n'est pas ce qu'[elle] compte faire toute sa vie, [elle] qui préfère le terrain», mais qui l'intéresse et qui lui donne l'occasion de «rencontrer plein de monde.» 

Elle a été très bien accueillie et ne regrette rien de cette expérience, qui semble relever tout de même bien plus d'un premier emploi déguisé que d'un service civique dans son essence première.

Un statut à part

Pour d'autres, il s'agit justement de pouvoir n'être ni tout à fait étudiant, ni tout à fait professionnel, et de profiter des avantages qu'offrent les deux statuts. David est diplômé depuis l'année dernière des Beaux-Arts d'Epinal, et il fait depuis octobre son service civique au sein même de son école. Sous l'intitulé «promotion d'association culturelle», il a organisé le Salon du livre, aide les élèves dans leurs productions sérigraphiques, et participe à beaucoup d'événements importants dans son milieu.

Dans l'indécision entre une poursuite d'études vers un master ou une insertion professionnelle, il s'est donné un an pour développer ses projets personnels à côté, tout en s'offrant le luxe de pouvoir continuer à profiter des ateliers de son école. Mi-élève, mi-encadrant, son service civique à 24h par semaine lui laisse le temps de se construire un nom dans la profession : il est même parvenu après quelques mois de diplôme a être exposé en Australie. 

Une formation de citoyen ? 

Pour toutes ces raisons, le service civique est un véritable succès auprès des jeunes : François Hollande a d'ailleurs déclaré lors de ses vœux à l'Assemblée, le 20 janvier, qu'en 2014 quatre demandes sur cinq avaient dû rester sans réponse.

Nathalie Kosciusko-Morizet, la vice-présidente déléguée de l'UMP, a quant a elle parlé sur RCJ d'«un temps dans lequel chacun ren[d] à la République qui lui a tant donné, et constate que la République est généreuse.» 

Le service civique est pour l'instant perçu par les jeunes comme un outil aux multiples facettes, qu'ils peuvent véritablement s'approprier. L'estampiller du mot "citoyenneté" ne le rendrait pas forcément plus attractif à leurs yeux. Quant à le rendre obligatoire, François Hollande craint que la mesure ne soit perçue par certains comme une privation de liberté. Selon une source proche citée par le Figaro, le chef de l'Etat «ne croit pas à la mise au pas d'une jeunesse à qui on ferait comprendre ce qu'est la vie ».



 

"Secret des affaires" : histoire d'un revirement en 4 actes

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Le projet de loi Macron prévoyait dans sa forme initiale un «secret des affaires», qui englobait l'espionnage industriel comme le travail des journalistes. Deux jours et un tollé médiatique plus tard, le gouvernement est revenu sur l'amendement contesté. 

 

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Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron à la conférence Le Web 2014, en décembre, à Paris.

Flickr/CC/Official Leweb Photos

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Héberger chez soi un sans-abri : où en est l'initiative du "115 du Particulier"?

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 Article publié le jeudi, 29 janvier 2015 Written by GETTI Marianne

Comment imprimer un CV depuis la rue ? Où faire réparer sa voiture, soigner son chien ? Le «115 du particulier» offre de multiples services aux sans-abris. L'initiative, lancée en février 2012, avait semblé insensée. Trois ans plus tard, elle continue de vivre. 
 
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Lors de sa création en février 2012, le « 115 du particulier » avait fait débat. Cette plateforme lançait l’idée de mettre en relation des sans-abris avec des habitants prêts à les accueillir gracieusement. Lancée au cœur d’une vague de froid, l’initiative visait à désengorger le 115, numéro d’urgence pour les SDF, alors complètement submergé par les appels.
 

Cette bonne intention avait été saluée, mais aussi jugée irresponsable : certaines associations d’aide aux SDF avaient souligné la difficulté de venir en aide à des personnes parfois désocialisées depuis des années, en prise avec diverses addiction. Avoir un toit ne suffit pas, il faut un savoir-faire car il peut y avoir «une réalité qui dépasse les gens qui accueillent les sans-abri », expliquait la directrice générale du SAMU de Paris à l'AFP. Assez dubitatif, elle justifiait les quelques 4 000 membres en quatre jours sur ce qui n’était alors qu’un groupe Facebook par un effet de mode, un élan de bonne volonté appelé à s’essouffler rapidement.

 

6 000 accueillants en janvier 2015

 

Fin janvier 2015, la plateforme existe toujours, et elle compte aujourd’hui plus de 6 000 accueillants, selon un de ses deux créateurs, Brann du Senon. Elle s’est organisée par région, sur un site complet proposant des recherches par besoin et par localisation. Les services rendus se sont diversifiés : un simple repas, l’accès à une machine à laver, ou des habits à donner par exemple. Et des professionnels solidaires ont rejoint le mouvement : ils peuvent offrir des consultations vétérinaires ou médicales, des coupes de cheveux ou des réparations mécaniques. Sur le groupe Facebook, les échanges sont quotidiens pour relayer les appels au secours ou échanger des ressentis. Et au bout du numéro d’urgence 24/24h*, il y a toujours Brann du Senon, ancien SDF lui-même, qui tente avec plus ou moins de bonne humeur d’aider à la mise en relation.

 

Alors, avaient-ils tort, tous ces détracteurs, de mettre en garde les bonnes volontés ? Non. Certains ont effectivement eu de mauvaises expériences : Anne n’a par exemple pas su gérer l’alcoolisme de Fabien, son hôte de quelques jours, a-t-elle expliqué aux journalistes de Berry.fr. Mais d'autres expériences ont été plus heureuses. Christian, 25 ans, s'est vu offrir un toit par Alexandre début janvier. Et pour lui, c’est bien plus qu’un canapé dans le salon et des pâtes au beurre. C’est le sentiment d’appartenir à un foyer presque d’égal à égal, et la stabilité nécessaire pour ré-envisager un futur. «Cela donne envie de recommencer à se battre, faire des démarches», nous confie-t-il. 


 

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Christian à Pantin (Seine-Saint-Denis), le 6 janvier 2015. Crédit image: Philippe Lagaune.

 

Actualiser son CV 

 

A 25 ans, Christian déplace ses quelques affaires de logements précaires en trottoirs depuis quatre ans. Contrairement à d’autres, il n’a pas eu de parents pour le soutenir entre deux contrats d’intérim. «On ne peut pas trouver un logement avec un contrat de deux mois», explique-t-il. Et lorsqu’il parle des foyers d’accueil d’urgence, Christian a un ton amer. «Je détestais. Même s’il fait chaud, les conditions sont compliquées… on se retrouve avec des SDF qui ont connu la rue, et qui veulent y rester à première vue. Alors que moi, j’essaie un minimum de m’en sortir.» 

 

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Alexandre et Christian dans l'appartement d'Alexandre à Pantin le 5 janvier 2014. Crédit image : Philippe Lagaune

 


 Le lendemain de son arrivée dans le petit deux-pièces d’Alexandre à Pantin (Seine-Saint-Denis), il a pu actualiser son CV avec son aide. Son hôte le lui a ensuite imprimé en 30 exemplaires au boulot.

 

« Pourquoi être méfiant d’entrée ? »

 

Pour Alexandre, accueillir Christian ne lui coûte rien. «Que je sois tout seul ou qu’on soit à trois c’est pareil, ça ne va pas changer le prix du loyer. Ça ne va pas changer ma vie, et je pense que si plus de personnes faisaient la même chose, il y aurait beaucoup moins de gens dans la rue.»
 
De là à qualifier la démarche de facile ? «C’est une question de confiance. Mais pourquoi être méfiant d’entrée ? Et je pars du principe que dans la mesure où c’est une démarche qui se fait par internet, il faut y avoir accès, il faut être un minimum sociabilisé
 
Alexandre a aussi exposé des règles de vie d’entrée de jeu, et a été très clair : sa générosité ne doit servir que de tremplin à Christian. Pari en apparence réussi : une semaine plus tard, celui-ci a décroché un CDD dans une petite boulangerie voisine.
 
06 67 12 61 81 


 

A Paris, les cars et les poids lourds "les plus polluants" dans le viseur d'Anne Hidalgo

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La maire PS de Paris a annoncé son intention d'interdire l'accès à la capitale aux cars et poids lourds les plus polluants. Une mesure de plus dans un combat qui lui est cher.

 

 

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  Anne Hidalgo lors d'une manifestation de soutien au mariage pour tous, en mars 2013. Crédit: Flickr/cc/Parti Socialiste 

 

Anne Hidalgo frappe vite, et fort. La maire de Paris (PS) a annoncé vouloir interdire aux cars et poids-lourds les plus polluants de circuler dans la capitale, dans une interview accordée au Monde datée du 28 janvier.  Cette "zone à basse émission" sera effective à partir du 1er juillet 2015, a-t-elle précisé. A partir du 1er juillet 2016, ce seront "tous les véhicules les plus polluants", sous-entendu les voitures également, qui seront concernés par cette mesure.

 

Reste à définir, comme le soulignent Les Echos, ce que la maire entend par "les plus polluants". Trois types de véhicules pourraient être concernés: ceux qui répondent aux normes Euro 4, Euro 5 ou Euro 6, les trois niveaux les plus élevés des normes européennes d'émission de CO2.

 

Le cas du diesel

 

Le périmètre d'application de cette mesure n'est également pas encore clairement défini, étant donné que l'élue parisienne a précisé que les bois de Paris et le périphérique ne seraient pas inclus. Si les véhicules polluants resteront donc aux portes de la capitale, les particules polluantes n'obéiront elles sans doute pas au découpage administratif.  

   

 En décembre 2014, Anne Hidalgo avait fait une déclaration tonitruante dans les colonnes du Journal du Dimanche. Elle y révélait son intention d'interdire le diesel à Paris d'ici à 2020. Une exception serait quand même faite pour les ménages "peu fortunés" qui ne peuvent pas effectuer la transition du diesel à l'essence. Mais comme pour l'interdiction des poids lourds polluants,  cette mesure reste pour l'instant réservée à Paris et ne s'applique pas à la banlieue, malgré le souhait affichée de la maire de s’inscrire "dans une dimension métropolitaine". A l'heure du Grand Paris, certaines voix, dont celle de l'association 40 millions d’automobilistes, n'ont pas manqué de le faire remarquer.

 




 

"La Famille Bélier", favori des César et succès phénoménal dans les salles

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La comédie familiale d'Eric Lartigau et Victoria Bedos vient de dépasser les 5 millions d'entrées et pourrait franchir les 8 millions. 
 
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Affiche du film "La Famille Bélier", sorti le 17 décembre 2014. Crédits: Mars Distribution
 
 
Meilleur film, meilleure actrice, meilleur acteur, meilleur espoir féminin... "La Famille Bélier", la comédie française phare de cet hiver, a reçu mercredi 28 janvier six nominations aux César 2015. Le film ne séduit pas que le monde du cinéma. Depuis sa sortie le 17 décembre dernier, les salles ne désemplissent pas. Cette semaine, les entrées ont dépassé la barre symbolique des 5 millions d'entrées
  
 
 
 
 Un monde très peu connu du public 
 
Si cette comédie familiale plaît tant aux spectateurs français, c'est parce que l'histoire du film fait découvrir un monde très peu connu du public : celui des sourds et des malentendants. L’héroïne du film, une adolescente interprétée par Louane Emera, espère un jour vivre son rêve de devenir chanteuse mais elle doit pour cela prendre une décision difficile : quitter sa famille sourde qui compte sur elle pour faire tourner leur ferme.
 
Toutes les tranches d'âge peuvent se retrouver dans ce tableau des relations familiales. Télérama salue aussi la justesse du film dans le traitement du handicap :  "Tendrement loufoque, indifférent au bon goût, mais jamais vulgaire ni méprisant".
 
Au départ, les coréalisateurs Eric Lartigau et Victoria Bedos avaient le projet de faire un petit film. Dans une interview à Gala, Victoria Bedos explique que "tout ça devait être un peu artisanal en fait. Que le film existe, qu'il soit vu, qu'il soit en salles, qu'il ait un joli bouche à oreille, c'était déjà inouï. Alors que ce soit un tel succès populaire, c'est incroyable."
 
Le projet d'une suite
 
Si les coréalisateurs n'espéraient pas un si grand succès, ils ont déjà prévu un suite : Vicky Banjo. Dans le même esprit, le film restera dans la thématique de la famille tout en abordant d'autres thèmes, comme la sexualité. Victoria Bedos dévoile leur projet dans les colonnes de Gala : "C’est une histoire de famille avec une jeune fille qui se découvre une voix égale­ment, sauf qu’elle est plus âgée parce qu’elle a 30 ans. Du coup, ce qu'elle chante est radi­ca­le­ment diffé­rent (par exemple: « Je suis alcoo­lique et c'est magique », « J'aime faire l'Amour », « Touche moi le matin » etc…)". Mais cette fois-ci la démarche sera autre car la coréalisatrice jouera dans le film.
 
 

 
 
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