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Christophe Jakubyzsyn: "Le format de la radio, c’est la radio citoyenne"

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par SONNY Pékola

  

Christophe Jakubyszyn à l'école de journalisme de Sciences Po
 

Crédit photo: Flickr/CC/Marine_Marck

 

Christophe Jakubyzsyn. Voilà un nom qui ne fait pas figure d’inconnu dans le milieu des médias. Au Monde, il était journaliste politique, journaliste économique et rédacteur en chef adjoint.

 

L’intéressé, lui, concède que briller dans les dîners en ville et travailler dans un journal qui "donnait le LA de l’information" est appréciable. Mais c’est dans les couloirs de RMC qu’il a appris à nouer une relation avec l’audience. RMC pour Radio Monte Carlo dont il est désormais directeur de la rédaction. Une expérience qu’il est venu partager au cours d’une master class à l’Ecole de journalisme de Sciences Po. Christophe Jakubyzsyn revient sur le modèle éditorial de RMC et délivre les recettes de la rédaction qu’il dirige. 

 

>> Retrouvez le live de la conférence >>

 

 

 "La radio est construite sur un modèle de l’audience : que veulent les auditeurs ?"

 

Pour Christophe Jakubyzsyn, la radio c’est du plaisir et des gens. Bon calcul: ce sont les deux raisons qui l’ont poussé à exercer la profession de journaliste. Les gens, il a l’occasion de les côtoyer quotidiennement dans les locaux de RMC où le bureau des standardistes jouxte, porte ouverte, les studios d’enregistrement. Bizarrerie ? Non, souci permanent d’être en contact avec l’auditeur. "La radio est un média de fidélité" et c’est pour cela, explique le journaliste, qu’il faut aller vers l’auditeur, essayer de le faire réagir, créer des angles en fonction de cette donnée.

  
Ni une,ni deux, Christophe Jakubyzsyn lance l’exercice pour impliquer les étudiants de l'Ecole de journalisme de Sciences Po. C'est parti pour une simulation de conférence de rédaction. Jeudi 15 septembre 2011. Quels sujets, quels angles ? Le débat du soir entre les candidats à la primaire socialiste est vite proposé. Chez RMC, la question a été abordée bien sûr : dans le talk show d’Eric Brunet, mais sous un angle qui pousse à la réaction. L'animateur a soulevé la question du coût de ce débat se déroulant sur France 2, chaîne issue du groupe public France Télévisions, qui bénéficie de la redevance que paient les contribuables.Problématique, défend Brunet. Voilà typiquement comment le standard de RMC (3216) explose : "plus de 1200 appels des auditeurs en 1 heure" pour se prononcer sur le sujet. 

      Christophe Jakubyszyn improvise une conférence de rédaction avec les étudiants

 

Selon Jakubyzsyn, la méthode des talk shows importée des Etats-Unis fonctionne auprès des auditeurs français. Ceux-ci appellent pour s’exprimer pour ou contre l’avis marqué de l’animateur. Et l’avis, à RMC, ça compte: "Le plus dur quand je suis arrivé à RMC, c’était d’avoir un avis sur tout. C’est de la paresse de ne pas avoir d’avis. Car pour en avoir un, il faut avoir compris tout le sujet" confie celui qui a aussi été chroniqueur politique à l’antenne. Mais pour que le débat soit constructif, la parole n’est pas laissée totalement libre aux auditeurs, ces derniers sont testés et leurs arguments évalués par le standard avant le passage à l’antenne. 

 

A la fin de l’exercice, on entrevoit le modèle type de RMC lancé il y a environ dix ans par Alain Weill, président du groupe NextRadio TV, propriétaire entre autres de RMC et BFM TV : radio avec des shows d’information (10h d’actualités non-stop), beaucoup de sport et une grande place laissée à la parole de l’auditeur. Info, talk, sport, c’est le sous-titre qui l’accompagne. Depuis peu, RMC, devenue première radio des moins de 50 ans, a un nouveau qualificatif : "radio d'opinions".

 

La course à la nouveauté ? 

 

Ce sont des bases  à partir desquelles Christophe Jakubyzsyn travaille. Un des objectifs qui lui a été donné est celui d’un traitement optimal de      l ’information. De nouveau, le regard se tourne vers les Etats-Unis, et notamment vers la façon de faire de CBS news, qui cale avant le journal un "teasing" de 30 secondes dans lesquels sont présents 3 titres et 3 extraits de témoignages.

 

"On ne prétend rien inventer, on prétend faire ce qui marche" affirme sans se cacher le journaliste. Résultat, pour sa matinale, RMC copie ce que fait CBS. Cela présente plusieurs avantages selon Jakubyzsyn : réveiller l’auditeur et capter son attention quand on sait qu’il a un comportement de "zappeur". La matinale est ainsi devenue une "belle antenne très moderne" qui réussit à avoir des auditeurs dès le petit matin. 

 

Autre nouveauté pour la rentrée : impliquer l’internaute/auditeur sur le site internet de la radio en lui proposant de voter pour les sujets qu’il aimerait écouter à l’antenne. Les sondages de l’audience sont présents sur des écrans en plein milieu de la rédaction et guident les journalistes. 

 

Christophe Jakubyszyn montre aux étudiants les sondages d'auditeurs

 

                                                            Crédit photo : Flickr/CC/Marine_Marck

 

Populisme ? Non, répond Christophe Jakubyszyn, qui pense que cet outil fait partie de ce qui peut faire "monter la mayonnaise". Pour lui, il ne faut négliger aucun sujet qui pourrait intéresser les gens. Ensuite, c’est sûrement un tort des médias de fantasmer sur des audiences qui ne sont pas réellement les leurs ("il ne faut pas avoir honte de son audience"). Enfin, le directeur de la rédaction de RMC le réaffirme: le journaliste reste responsable du traitement de son sujet, et il doit s'assurer de l'équilibre entre sujets demandés par l'audience et  sujets obligés. Le but? Réussir à parler de"vrais sujets de société" et créer un "vivre ensemble" avec ses concitoyens.

 

   
Christophe Jakubyszyn: "On fait trop de off en... par ecoledejournalisme

 

 

 

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