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Etats clés: l'équation impossible de John McCain

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 Article publié le 03-10-2008 par HENOCQUE Thibault

Symptôme d'une campagne en perte de vitesse, John McCain retire ses pions du Michigan. L'écart avec Barack Obama se creuse depuis l'irruption de la crise financière qui décrédibilise le candidat républicain sur le terrain économique. Pour espérer l'emporter, John McCain doit mettre la main sur huit des neuf "toss up states", les Etats les plus indécis. Une équation quasi impossible.

 

 toss_up_states

(Source : ww.realclearpolitics.com) : les derniers sondages donnent une avance de près de 100 grands électeurs

 

pour Barack Obama (3 octobre 2008).

 

      Pour John McCain la route vers les 270 grands électeurs requis pour entrer à la Maison Blanche était étroite depuis quelques semaines. Elle l'est plus que jamais depuis son abandon du Michigan. Le candidat républicain est désormais condamné au sans faute : pour l'emporter le 4 novembre il doit s'imposer dans tous les Etats qui avaient voté pour George Bush en 2004, dont certains sont en passe de tomber dans l'escarcelle de Barack Obama.
 
      McCain connaît ses fondamentaux : depuis 1960 aucune président n'a pu être élu sans emporter au moins deux des trois grands Etats clés (Ohio, Floride, Pennsylvanie). En se repliant du Michigan l'etat-major de McCain entend redeployer ses forces vers ce noyau dur des "swing states". Sauf que pour une fois la règle pourrait connaître une exception.

      S'il parvenait à consolider son avance dans certains Etats ayant voté Bush en en 2004 (Iowa, Nouveau Mexique, Colorado), Barack Obama pourrait se contenter d'emporter un seul des trois "grands". Dans cette hypothèse, John McCain devrait non seulement conquérir deux de ces trois Etats, mais également mettre la main sur deux Etats ayant choisi Kerry il y a quatre ans.
      C'est tout le sens de l'annonce de son stratège Mike DuHaime, qui cite comme nouvel objectif le Maine et le Wisconsin, qui penchent pour l'instant pour Obama.
 
      Seulement, la marge de manoeuvre du candidat républicain s'est réduite : son budget, déjà inférieur à celui de Barack Obama, est bien entamé. Le Michigan lui a coûté 8 millions de dollars, d'après la société d'analyse Campaign Media Analysis Group. En pure perte : les cols bleus, qui subissent la crise de plein fouet, n'ont pas adhéré au discours économique de McCain.
      A moins que ce retrait ne soit pas définitif. En 2004 George Bush s'était lui aussi un temps retiré du Michigan, avant d'y revenir en fin de campagne. S'il ne l'avait pas emporté il avait contraint les démocrates à rester présents dans cet Etat, les empêchant de se concentrer sur d'autres Etats clés comme l'Ohio, où s'est finalement jouée l'élection. D'ailleurs John McCain n'exclut  pas de retourner dans le Michigan si le vent tournait en sa faveur.        

 

      Les démocrates ont accueilli cette bonne nouvelle pour leur candidat sans triomphalisme. "Nous allons continuer de nous battre pour chaque vote" a annoncé David Plouffe, le directeur de campagne d'Obama. Mais il est clair que le camp démocrate entend  aussi profiter de ce repli pour renforcer ses moyens dans les Etats les plus disputés.

 

Thibault Henocque et François Mazet.

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