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Alfred de Montesquiou: “On doit apprendre à être multimédia”

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 Article publié le 09-12-2011 par DEMARQUE Marie, GUERIN Marion

À 33 ans, Alfred de Montesquiou est un grand reporter dont le parcours et l’expérience ont laissé rêveur plus d’un étudiant de l'Ecole de journalisme pendant la master-class, jeudi soir. Ce diplômé de Sciences-Po et de la Journalism School de Columbia (New-York) a été recruté directement à la sortie de l’Université par l’agence de presse américaine AP (Associated Press). Alfred de Montesquiou travaille désormais pour Paris Match et couvre la plupart des zones de conflit du globe avec son calepin et son appareil photo. Il réalise même quelques vidéos. 

 

 

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Crédit Photo : Aurélien Breeden

 

“Pensez au multimédia quand vous faites des histoires”. Alfred de Montesquiou est journaliste de presse écrite de formation. Chez AP, il faisait à la fois les photos et les articles. Une pratique dont il ne veut désormais plus se passer. “Les journaux ne vont pas très bien, ça coûte cher d’envoyer deux journalistes, du coup on y va seul. C’est comme ça que j’ai commencé. À Paris Match, c’est un système plus français, plus cloisonné, mais je continue. Mon appareil fait des photos et des vidéos, ça complète très bien mon article”. La “vieille école” appliquée au sein des rédactions voudrait plutôt que chacun fasse son métier, dans son domaine. Alfred de Montesquiou reconnaît qu’il y a “quelque chose de malsain à tout faire, tout mal”, c’est pourquoi il se dit convaincu “qu’on doit apprendre à faire du multimédia”, en maîtrisant parfaitement au minimum deux médias différents.


“Rendre justice à une histoire”


Outre la possibilité de vendre ses productions à plusieurs supports différents, l’approche multimédia permet surtout de traiter un sujet de manière beaucoup plus complète. “Cela me permet de compléter mes articles, c’est un sentiment extraordinairement jouissif quand on a le sentiment d’avoir vraiment fait une histoire”. Dans Paris Match, Alfred de Montesquiou explique qu’il n’a souvent qu’une seule fenêtre de tir, et fait rarement plus d’un numéro avec un seul sujet, pendant les révolutions arabes par exemple. “Ça permet de rendre justice à une histoire et aux gens qu’on a rencontré, de rendre une situation dans son ensemble. Avec le plurimédia, on choisit quoi dire dans quel média, on insiste sur tel ou tel aspect d’une situation”.


Dernier exemple en date, la bataille de Misrata. “J’ai fait un premier article racontant la bataille, je ne pouvais pas refaire la même chose pour le deuxième, j’ai donc fait un article très humain, et ça compte beaucoup dans une guerre. Mais il est tellement rare dans une carrière de journaliste de voir une armée rebelle renverser le pouvoir, que je me sentais un peu frustré. J’ai fait une vidéo de guerre, c’est un peu amateur mais j’en suis content”. À l’époque, au mois de mai, la plupart des observateurs pensaient que la ville allait tomber, elle a donc été reprise beaucoup de fois. On y voit des rebelles combattant dans la ville en ruines. “Ils sont devenus très bons, mais au début, c’étaient des guignols, ils n’avaient aucune expérience de la guerre”.

 

Pour Alfred de Montesquiou, multiplier les supports médiatiques est presque un devoir journalistique. Une manière de coller un peu plus à la réalité, de montrer ses différents aspects, sa complexité.  En terrain de guerre, comme ailleurs.

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