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Rémi Ochlik voulait "faire des images à la hauteur de la tragédie" Rémi Ochlik voulait "faire des images à la hauteur de la tragédie" |
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Crédit Photo : Capture d'écran site internet de Rémi Ochlik
Le photojournaliste Rémi Ochlik a été tué mercredi 22 janvier à Homs, en Syrie. Il a été la victime, avec la journaliste américaine Marie Colvin, du bombardement du centre de presse du quartier de Baba Amro. Âgé de 28 ans, il a construit sa carrière en étant toujours au plus près des évènements, pour témoigner, raconter en somme, faire son métier. Depuis ce matin, toute la profession rend hommage à l'un des prodiges du photojournalisme français.
Né en 1983, Rémi Ochlik a commencé sa carrière à l'agence Wostok à Paris. Il se fait connaitre en 2004, alors âgé de 20 ans, lorsqu'il part seul en Haïti pour couvrir la guerre civile après la chute du président Aristide. Avec ce tout premier reportage, il remporte le prix François Chalais pour les jeunes reporters.
Ses photos avaient été présentées au prestigieux festival Visa pour l'Image. Pour Jean-François Leroy, président du festival, le travail de Rémi Ochlik sur les évènements d'Haïti était "très beau et très fort". Malgré son jeune âge, son travail reflétait une grande maturité.
En 2005, il co-fonde l'agence IP3Press, dont le but était de couvrir l'actualité nationale en France mais aussi les conflits internationaux. Et c'est avec son travail dans les zones de tensions que Rémi Oschlik se fait une place aux cotés des grands reporters de guerre. En 2008, il couvre la guerre en République Démocratique du Congo. En 2010, il retourne en Haïti au lendemain du tremblement de terre .
Tout au long de l'année dernière, il a suivi les événements du printemps arabes. En Tunisie, en Egypte et en Libye. Il y a quelques semaines, il recevait le prestigieux prix World Press pour l'une de ses photos prise en Libye, "Battle of Libya". Ses photos, dures mais justes, ont été publiés dans Paris Match, le Wall Street Journal ou encore VSD.
Alfred de Montesquiou, photographe pour Paris Match, se trouvait quelques semaines plutôt aux cotés de Rémi Ochlik à la frontière Syrienne. "C'était un des journalistes les plus « solides » que j'ai jamais rencontré," témoigne-t-il dans Paris Match. Le journaliste de Match a été rappelé par sa rédaction qui estimait l'entrée en Syrie trop dangereuse. Journaliste indépendant, Rémi Ochlik a voulu aller jusqu'au bout. Samedi dernier, il était entré illégalement (comme la plupart des journalistes occidentaux présents dans le pays) en Syrie et jusqu'à la ville rebelle assiégée de Homs.
La mort de Rémi Ochlik survient plus d'un mois après la mort du reporter de France 2, Gilles Jacquier. Au cœur de Homs, la situation est particulierement tendue pour la presse. Le régime Syrien affirme ne pas avoir été "au courant" de la présence des journalistes occidentaux dans la ville de Homs. Le ministre des Affaires Étrangères, Alain Juppé, a lui déclaré qu'il "tenait le régime syrien pour responsable" de ce drame. C'est la thèse partagée par Jean-Pierre Perrin, journaliste à Libération qui a passé plusieurs jours à Homs. Selon lui, le régime de Bachar al-Assad persécute délibérément les journalistes en Syrie avant de lancer l'assaut final sur le dernier quartier rebelle.
La journaliste du Figaro, Édith Bouvier et le photographe Paul Conroy blessés lors de l'attaque qui a couté la vie au jeune journaliste sont toujours sur place. Dans un vidéo posté sur Youtube aujourd'hui, la journaliste demande de l'aide et un rapatriement immédiat vers le Liban. Un rapatriement demandé aussi par Alain Juppé aux autorités syriennes. Sans réponse "satisfaisante" pour l'instant.
Rémi Ochlik est le 7ème journaliste occidental à trouver la mort en Syrie et le 106ème journaliste tué dans le pays cette année.
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