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#NPDJ12: la consécration du journalisme numérique

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par Lucile QUILLET, Marie MONIER

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Julia Beizer du Washington Post explique comment le mobile devient une nouvelle source d'information #NPDJ12

(Crédit photo: Julien Gathelier)

 

Boom des smartphones, GIF et live tweets: cette année, l'École de Journalisme de Sciences Po s'est concentrée sur les nouvelles tendances du métier à l'ère du numérique lors de sa conférence annuelle des nouvelles pratiques du journalisme organisée en partenariat avec l'Université de Columbia

 

Tout au long de la journée, des invités de renom ont mis l'accent sur les nouveaux outils indispensables aux éditeurs de presse pour adapter le contenu aux usages de l'audience. "Ils devront établir une stratégie calibrée selon les supports", estime Julia Beizer, éditrice des projets sur mobile du Washington Post.

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Applications mobiles, Touts et GIFS: les outils du storytelling de demain

 

Selon Joshua Benton, directeur du Nieman Lab, l'internet mobile surpasse l'internet classique. "Plus d'un tiers des lecteurs du Washington Post s'attendent à lire l'information via leur téléphone portable d'ici une dizaine d'années", confirme Julia Beizer. Et de briser une flopée de d'idées reçues sur l'information mobile: oui, les consommateurs aiment encore les longs articles, même sur mobile. Non, le mobile n'est pas toujours mobile, et non, "le portable ne révolutionne pas l'information. Pas encore".

 

La vidéo sur mobile, elle, fait son chemin. Aux États-Unis, son audience a augmenté de 77% en deux ans, rappelle Julia Beizer. Une aubaine pour Michael Downing, président de Tout.com, sorte de Twitter vidéo. Utilisés par plus de 2.000 journalistes selon lui, les Tout sont des vidéos de quinze secondes maximum (trente secondes pour les interview). Ils délivrent l'information en images, concise et instantanée. Signe de la popularité de ce format d'information, une augmentation mensuelle de 25% du trafic depuis sa création en 2010 d'après Michael Downing.

 

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Michael Downing présente son site de micro-blogging en vidéos Tout.com, #NPDJ12 (Crédit photo: Julien Gathelier)       

 

Autre vedette de l'année 2012: le GIF (Graphics Interchange Format) animé. De Mad Men à la campagne électorale américaine, ces mini séquences animées ont envahi le Web. Leur raison d'être journalistique? Immortaliser en quelques secondes un événement qui marque l'Histoire. Mais aussi retenir l'attention sur un point d'actualité, souvent insolite, de manière ludique et au fort potentiel viral. Pour Scott Lamb, directeur éditorial de BuzzFeed, les journalistes ne peuvent plus se contenter d'extraits vidéos: ils doivent créer et intégrer eux-même les GIFS animés à leurs productions.

 

Le big data, l'hyper-local: un traitement renouvelé de l’information

 

Exploiter des données, un autre challenge pour les journalistes. L'analyse de Mark Hansen, directeur du Brown institute for Media Innovation à la Graduate School of Journalism de Columbia, est sans appel:  "les journalistes devront savoir coder". Selon lui, les "big data" doivent être mieux analysées et intelligibles. Infographies, timelines, graphiques... Les applications pour les rendre plus accessibles se font de plus en plus nombreuses. Pour Bruno Patino, directeur de l'Ecole de journalisme de Sciences Po, le défi du journalisme est de "transformer les données en information, et l'information en données".

 

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  Mark Hansen et le Big Data, #NPDJ12 (Crédit photo: Morgane Troadec)

 

S'adapter et innover...C'est en cela que le journaliste se rapproche de l'entrepreneur d'après Stéphane Distinguin, président de faberNovel. Pour lui, "les éditeurs de presse doivent miser sur l'hyper-local". Une intuition qu'a eue Amandine Briand, lauréate de la bourse Google "start-up de l'information" de 20.000 euros. Son projet: créer un site d'information indépendant dédié au 19ème arrondissement de Paris.

 

Autre conclusion de cette journée: les écoles de journalisme doivent approfondir leur offre de formation au numérique, en donnant aux élèves l'envie d'entreprendre sur le web. Un pari que tient David Klatell, vice dean de la Graduate School of Journalism de Columbia. D'après lui, les réseaux sociaux comme Twitter et Facebook ainsi que les sites d'université sont leurs premiers outils de publication. Reste un problème, et pas le moindre: journalistes acceptent-ils d'adapter leurs pratiques et leurs savoirs? "Ils écrivent souvent sur les évolutions médiatiques mais n'arrivent pas à évoluer eux-mêmes", ironise Andrew Gruen, chercheur à l'Université de NorthWestern et de Cambridge. 

 

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