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Obama, candidat sans frontières

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 Article publié le 03-11-2008 par HENOCQUE Thibault

La campagne présidentielle américaine suscite un enthousiasme planétaire sans équivalent. Décryptage de la première élection-monde.

 

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 06.02.08, Jakarta, Indonésie: deux étudiantes scrutent les dernières informations sur la campagne américaine. (Crédit photo : Crack Palinggi, Reuters)

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 Jamais le monde n’a suivi élection d’aussi près. Des centaines de pays ont organisé des sondages pour savoir qui leurs citoyens éliraient à la tête de la maison Blanche le 4 novembre.

 

En Europe, une vague d’Obamania déferle depuis des mois, sur fond d’espoir de voir la candidat démocrate tourner la page de l’ère George Bush.

Au Japon, d’après un sondage, l’élection suscite plus d’intérêt que les Etats-Unis eux-mêmes en tant que nation.

 

Au Pakistan, le premier débat présidentiel a eu un tel succès que la télévision a retransmis les deux autres. Au Vietnam, c’est John McCain qui est au cœur des discussions, lui qui est revenu de Hanoi en 1973 après des années de détention.

 

(Dessin : Martin Vidberg)

 

Dans cet enthousiasme global, la planète a clairement choisi son camp. Selon un sondage réalisé par The Economist il y a quelque jours, intitulé « Et si le monde pouvait voter» Barack Obama recueille une écrasante majorité. En attribuant un certain nombre de grands électeurs aux différentes nations, "The Economist" parvient au score sans appel de 9.115 grands électeurs pour Barack Obama contre seulement 203 pour John McCain…

 

Obama First

De fait, l’Obamania est l’une des principales dimensions de cet engouement. L'histoire personnelle de ce métis du monde n'y est pas pour rien: chaque continent trouve des raisons de s'identifier au personnage. L'Asie revendique son enfance (en Indonésie). Le Moyen Orient son second prénom (Hussein). L'Afrique son nom (celui de son père Kenyan). Comme Obama n'a pas manqué de le souligner, sa famille vit sur trois continents.

 

 

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Côte d'Ivoire (Crédit photo : Luc Gnago, Reuters)
   

Mais c'est en Europe que le phénomène prend le plus d'ampleur. 84% des Français accorderaient leur vote au candidat démocrate, 82% des Allemands, 74% des Britanniques, et 72% des Espagnols. En Allemagne, la visite de Barack Obama à Berlin en juillet a réuni plus de 200.000 personnes.

 

En France, les comités de soutien à Obama ne se comptent plus. La visite du candidat démocrate à Paris, en juillet dernier, a aussi été accueillie avec ferveur. Des tee-shirt, «la France pour Obama» sont en vente en ligne. Le groupe antillais « La compagnie créole » a enregistré une chanson de soutien au candidat démocrate.

 

« Obama incarne une image de l’Amérique que le monde peut comprendre », explique Nicholas Dungan, président de la fondation franco-américaine, basée à New York. «Obama c’est l’espoir, un homme à l’envergure planétaire, jeune et charismatique, et qui dit qu’il veut travailler avec tout le monde».

 

Une vague d’engouement sur laquelle Obama a d’abord cherché à surfer, comme lors de sa tournée des grandes capitales européennes – à Berlin il adresse son discours aux citoyens du monde » - avant de se montrer plus prudent. Cette starisation planétaire a été plus ou moins bien vu aux Etats-Unis. Un certain nombre d’Américains ont vécu ce sacre planétaire comme une forme d’ingérence dans le choix souverain de l’Amérique. Le camp républicain en a fait ses choux gras dans des spots publicitaires.

 

Président du monde

Le contexte politique explique aussi l’importance prise par cette élection à l’échelle planétaire. Ces dernières années, deux guerres, et une crise financière mondiale ont rappelé au monde l’importance des décisions prises par les Etats-Unis. A l’heure de la mondialisation, une décision prise dans le bureau ovale peut engager la planète entière. Des pétitions circulent d’ailleurs sur internet, pour demander que le Président des Etats-Unis soit élu à l’échelle mondiale.

 

 

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(Crédit photo : Charles Platiau, Reuters)

 

 

"Les Européens pourraient déchanter"

 

«Barack Obama est peut-être citoyen du monde, mais s’il est élu, il agira en Président des Etats-Unis», prévient Nicholas Dungan. Et à cette tâche, il pourrait bien se révéler bien plus pragmatique, et moins progressiste, que prévu, analyse Samuel Wells, directeur des Etudes sur l’Europe de l’ouest au Wilson Center. «Les Européens veulent le changement, et Obama incarne cet espoir de changement. Mais si Obama est élu, ils pourraient quelque peu déchanter».

 

 

Thibault Henocque, avec Cécile Dehesdin (à New York).

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