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#NPDJ Ce qu'il faut retenir de la conférence des nouvelles pratiques du journalisme 2013

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#NPDJ2013
La conférence des nouvelles pratiques du journalisme, le 3 décembre 2013
Crédit photo: Claire Rodineau

 

Vous n'avez pas pu venir à la conférence #NPDJ organisée le 3 décembre 2013? Vous ne vous souvenez plus de ce que l'un des intervenants a dit? Vous n'arrivez plus à retrouver l'un des (excellents) liens qui ont été partagés pendant le live? Pas de panique, tout est ici. 

 

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Le journalisme aujourd'hui est-il le meilleur ou le pire de tous les temps?

 

Qu'a dit Mathew Ingram (GigaOm)?

 

 

  • La confiance entre les journalistes et leur public est essentielle, et ce sur quoi il faut apprendre à monétiser.
  • La stratégie du paywall n'est pas viable, sauf pour le New York Times qui est une "licorne"  et aucune conclusion ne peut être tirée de son succès.
  • Le modèle du "grumpy cat", du divertissement, peut aider à monétiser le journalisme d'investigation et de long format.

  • Les non-professionnels peuvent faire mieux que les journalistes, et gratuitement! C'est le cas de Brown Moses, devenu spécialiste de l'armement syrien grâce à YouTube. Le niveau d'exigence du journalisme s'en trouve rehaussé.

  • Le positif prend le pas sur le négatif. "Il y a plus d'opportunités que jamais. Le métier de journaliste n'est pas menacé, il est plus exigeant."

État des lieux de la vidéo en ligne

 

Qu'a dit Duy Linh Tu (Columbia Journalism School)? 

 

  • Depuis 2009, chaque année est l'année de la vidéo! Le journalisme se relance sur le Web en investissant massivement dans les vidéos. Des sites spécialisés aux journaux, tout le monde voit dans la vidéo l'avenir du journalisme en ligne.

  • L'enjeu, en 2013 et en 2014, est de répondre à trois questions: 1. Qu'est-ce qu'une vidéo? 2. Comment produire une vidéo? 3. Comment la rendre rentable? En vérité, personne n'a pas la réponse. Mais il existe deux stratégies principales en matière de vidéos: le format court et le format long.

  • Le format court pour les vidéos, sur le modèle d'Instagram, c'est-à-dire des vidéos de 15 secondes ou moins. Le vieux modèle des vidéos de 90 secondes est dépassé, et il s'agit désormais de s'assurer un trafic important, en diversifiant ses activités (divertissement, publicité).

  • Le format long pour les vidéos. Cela suppose d'énormes investissements sur la qualité, et un volume moindre en termes de quantité. Certains sites ont été capables d'attirer un large public grâce à des vidéos très longues. Et il y a des centaines de façon de financer ces vidéos.

  • Des journaux comme le New York Times ou le Guardian donnent l'exemple de nouveaux usages de la vidéo, au sein de reportages multimédias innovants et mêlant vidéo, photojournalisme et écriture.

  • Pour l'instant, la plupart des vidéos sont financées par la publicité diffusée avant, le pré-roll. Mais, aux Etats-Unis, ce modèle semble péricliter en faveur du sponsoring des vidéos par des marques. 

Le nouveau journalisme économique


Qu'a dit Kevin Delaney (Quartz) ?

 


 

  • Les quatre clés pour être un bon site d'infos aujourd'hui? 1. Etre à l'aise avec l'ère numérique 2. Penser aux smartphones et aux tablettes avant tout 3. Etre global et 4. Ne pas oublier de faire du journalisme!

  • Sur Quartz les visiteurs consultent surtout les contenus très courts et très longs : un bon article fait moins de 500 signes ou plus de 800 signes.
  • De la même manière, ils privilégient l'actualité très chaude ou très froide. Il n'y pas d'entre deux, pas d'actualité tiède, donc.
  • Quartz, c'est 20 journalistes à temps plein dont des correspondants à Paris, Washington et Singapour et 4 millions de visiteurs uniques.

  • Si Quartz n'a plus de home page à proprement parler, l'essentiel de son trafic provient des réseaux sociaux.

 

Erwann Gaucher, directeur des rédactions régionales à France TV, réagit à l'intervention de Kevin Delaney en vidéo

 

   

Nouvelles compétences pour futurs journalistes

 

Qu'ont dit Bill Grueskin (Columbia Journalism School) et Jean-François Fogel (École de journalisme de Sciences Po)?

 

  • Le nouveau programme de la Columbia Journalism School, mis en place en 2013, est le plus gros changement depuis des années et a été adopté à l'unanimité par le conseil d'administration, ce qui est rare.
  • La technologie est désormais inextricablement liée aux contenus journalistiques. Il est de la responsabilité des journalistes de suivre les dernières avancées technologiques, car "celles que nous apprenons en 2013 aux étudiants seront obsolètes dans quelques années".

  • Il est aujourd'hui essentiel de bien connaître son audience grâce à des outils comme ChartBeat. Il ne s'agit pas seulement d'avoir la plus grosse audience mais l'audience la plus réactive.

  • Dans le nouveau programme de Columbia, les domaines qui ont une place de choix sont: les données et les statistiques, la programmation informatique et le "business". Des compétences qui figurent aussi au programme de l'Ecole de journalisme de Sciences Po.

Leçons d'un rapprochement des rédactions Web/print au Monde via 7 idées reçues

 

Qu'a dit Nabil Wakim (Le Monde)?

 

 

 

  • Première idée reçue: les journalistes du print seraient des vieux rubricards qui ne comprennent rien au numérique, alors que les journalistes du Web seraient des geeks incapables de monter un projet éditorial. Faux!

  • Deuxième et troisième idée reçues: "le rapprochement, c'est surtout une question technique" ou "le rapprochement, ce n'est surtout pas une question technique". On ne peut faire du Web sans savoir se servir d'un ordinateur, en transférant le print sur écran. Car le Web a ses propres formats, ses propres usages, qu'il faut maîtriser, en recourant, parfois, à un peu de technique. 
  • Quatrième idée reçue: il faut installer toutes les équipes (Web et print) dans la même pièce sinon on n'arrivera pas à les rassembler. Encore faux!

  • Cinquième idée reçu: les internautes sont des idiots! Toujours faux. On ne perd jamais son temps avec ceux qui nous lisent.

  • Sixième idée reçue: Le Web va sauver la presse papier. Faux! C'est une erreur de faire peser cette responsabilité sur le Web. Si on croit ça, on va rater notre transition numérique et de toute façon on ne sauvera pas le papier.

  • Septième idée reçue: il faut se cantonner à ce que l'on connaît. Au contraire, il faut donner la priorité à l'innovation.

À quoi devrait ressembler l'information sur mobile?

 

Qu'a dit David Cohn (Circa)?

  • Les meilleures expériences mobiles sont spécifiquement conçues pour mobiles.

  • Circa "atomise" les informations, mais ne se contente pas de les résumer. En clair, l'application "casse" l'histoire en plusieurs éléments qui représentent les parties les plus importantes de l'information.

  • Circa sait de plus ce que son audience a déjà lu grâce aux informations collectées en permanence via l'application. Impossible, dans ces conditions, qu'un lecteur se voit proposer une actualité qu'il connaîtrait déjà.

  • La façon dont les histoires sont structurées à travers leur "atomisation" rend possible l'update constante des internautes et permet de faire des recherches groupées très importantes.

  • Les médias doivent devenir des entreprises technologiques si elles veulent pouvoir rester dans la course (de la même façon que les entreprises technologiques sont des médias, comme Apple).  

La puissance de la vidéo interactive: le tour des bonnes pratiques

 

Qu'a dit Arnaud Dressen (HonkyTonk)?

 

 

  • Il faut tâcher de faire simple, même si c'est dur et couteux. Le coût d'une vidéo interactive augmente avec la qualité et la richesse du contenu.

  • Il faut capter l'attention de l'audience en un temps très court, pas plus de 7 secondes.

  • Il s'agit de donner des repères dans l'interface des vidéos interactives. L'internaute doit toujours savoir comment s'orienter dans le contenu multimédia en naviguant entre plusieurs niveaux de lecture sur un même sujet.

  • Et bien sûr, il faut expérimenter, tester encore et encore. Le HTML 5 est le langage clé pour des contenus multimédias et interactifs. Le format de la vidéo interactive dépend selon l'objectif visé. Il faut profiter des API pour tester, toujours tester...

  • Expérimenter ne signifie pas vouloir réinventer la roue. L'idéal est de s'inspirer des (bons) contenus existants.

L'explosion du deuxième et troisième écran

 

Qu'a dit Samantha Barry (BBC World News)?

 

 

  • L'information ne se détermine plus par ce qu'on regarde, mais plutôt par comment on la regarde.

  • La télévision devient interactive. Puisque l'audience recherche l'interaction, il faut lui en donner.

  • Parlons de l'humour. Il ne faut jamais hésiter à l'utiliser quand c'est possible.

  • Attention à adapter l'information qu'on donne en fonction du support. Sur les réseaux sociaux, pas plus de 90 secondes pour une vidéo.

  • Il faut tenir compte des spécificités de l'audience. En Asie et en Afrique, ce que l'on appelle en Europe le deuxième écran, à savoir les téléphones, est le plus souvent le seul écran utilisé.

Comment vérifier les contenus des utilisateurs en temps réel? Comment corriger les erreurs?

 

Qu'a dit Nick Wrenn (CNN)?  

 

 

  • Chaque jour, des utilisateurs et téléspectateurs font parvenir des contenus à CNN. La chaîne américaine s'est dotée en août 2006 d'une plateforme dédiée, CNN iReport. Cette stratégie semblait nécessaire face à l'émergence des réseaux sociaux. Il était devenu évident que les premières images d'événements majeurs n'émaneraient pas des journalistes de CNN, mais des utilisateurs eux-mêmes.
  • CNN iReport compte à présent plus de 1,3 millions d'utilisateurs enregistrés à travers le monde. Entre 300 et 500 contenus y sont envoyés chaque jour. Environ 8% de ces productions sont approuvées pour être diffusées sur les réseaux de CNN.

  • Pour CNN, les contenus des utilisateurs servent à remplir une mission de service public (après le typhon Haiyan, la chaîne a créé une page où les habitants pouvaient lancer des avis de recherche de leurs proches), à alimenter le débat social en publiant des témoignages, ou encore à permettre au public d'interviewer directement certains invités en envoyant ses questions.

  • Il importe d'établir une distinction entre le contenu vérifié par CNN et le contenu non vérifié. La mention "Not vetted by CNN" qui figure en haut à gauche indique que CNN n'a pas encore traité le contenu ou n'a pas pu le vérifier. Quand le contenu a été authentifié, cette mention est remplacée par le label "CNN iReport".

  • Le processus de vérification est divisé en trois étapes principales. La première consiste à dialoguer avec la personne ayant posté le contenu. La deuxième consiste à rassembler plus d'informations sur le sujet traité. La troisième consiste à examiner de près la photographie ou la vidéo envoyée pour détecter une potentielle supercherie. La prudence est de rigueur: si le moindre doute subsiste quant à l'authenticité d'un contenu, CNN ne lui donnera pas le label "CNN iReport" indiquant qu'il a été vérifié.

 

Amy Webb
Amy Webb le 3 décembre 2013
Crédit photo: Salomé Suarez

10 tendances qui vont changer le journalisme en 2014

 

Qu'a dit Amy Webb (Webbmedia Group)?

 

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