Accueil arrow Evénements arrow Master class et leçon inaugurale arrow Christian Makarian: "La presse hebdomadaire n'est pas morte"

Christian Makarian: "La presse hebdomadaire n'est pas morte"

Version imprimable Suggérer par mail
par BERTHOLOMEY Elisa et THOMPSON Yann

 makarian

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"La presse française comporte le plus grand nombre de périodiques au monde, avec près de 4.000 titres". Lors de sa master class dispensée ce jeudi à l'École de journalisme de Sciences Po, Christian Makarian, directeur de la rédaction délégué de L'Express et ancien du Point, s'est fait le chantre optimiste de la presse hebdomadaire française.

 

Face aux étudiants, il a présenté un panorama des hebdomadaires d'information générale (les "news magazines", hebdomadaires illustrés traitant de sujets d'actualité) et offert des pistes de réflexion sur l'avenir de ce secteur.

 


 * Quatre news magazines, une spécificité française

 

L'Express est le premier news magazine à voir le jour en France, en 1953. D'abord supplément du quotidien Les Échos, il devient un hebdomadaire à part entière à partir de 1963 grâce au passage en quadricolore. Suite à des dissensions entre éditorialistes, d'autres hebdomadaires voient le jour tels que France Observateur (qui deviendra Le Nouvel Observateur en 1964), Le Point en 1972 et Marianne en 1997.

 

Pour Christian Makarian, ce paysage unique (la plupart des pays européens ne possèdent qu'un news magazine) a des sources historiques et politiques. "La presse française est née non pas du besoin d'informations mais du besoin d'opinions, rappelle-t-il. Son acte fondateur a d'ailleurs été le célèbre article "J'accuse"." Dès leur origine, les hebdomadaires se sont positionnés sur des créneaux différents: l'opposition à la guerre d'Algérie pour L'Express, un point de vue de gauche pour Le Nouvel Observateur, une ligne plus conservatrice pour Le Point et une approche "plus populiste et critique" pour Marianne.
 

Revers de la médaille? Les hebdomadaires français souffrent d'un émiettement qui les fragilise économiquement, loin de la prospérité de titres comme The Economist ou Der Spiegel.

 

* Quotidiens et hebdomadaires : à chacun son journalisme

Comme le note Christian Makarian, "un quotidien doit proposer une couverture complète de l'actualité alors qu'un hebdomadaire n'a ni les pages ni les effectifs pour le faire." Un exemplaire de L'Express comporte autant de caractères qu'un seul numéro du Monde et la rédaction d'un hebdomadaire est beaucoup plus petite que celle d'un quotidien. À titre de comparaison, "Le Monde possède une rédaction d'environ 200 journalistes contre moins d'une centaine pour L'Express''.

Si les journalistes des news magazines sont moins spécialisés, ils se distinguent des quotidiens par leur manière de traiter un sujet. "Les angles d'attaques doivent être divers et il faut plus approfondir", explique Christian Makarian. L'écriture et le degré d'implication du journaliste sont différents: "on traite les mêmes sujets mais on n'a pas les mêmes méthodes de travail". En d'autres termes, le journaliste d'hebdomadaire a des relations différentes avec à la fois l'actualité, le lecteur et l'informateur. "Un article qui paraît six jours après la prise d'otages au Niger doit être anglé de manière à donner quelque chose de différent au lecteur, précise Christian Makarian. Il faut viser une plus grande perspective".


* Quels news-magazines pour le XXIe siècle ?

Pour Christian Makarian, c'est grâce à leur différenciation par rapport à la presse quotidienne que les news magazines peuvent répondre au défi d'Internet. "En théorie, la presse hebdomadaire devrait être la réponse à la profusion d'informations que nous rencontrons aujourd'hui, estime-t-il. Ce qui affaiblit le quotidien est de nature à engendrer un intérêt supplémentaire pour l'hebdomadaire, dont la force est le recul et le temps d'arrêt."

 

Reste à profiter de cette opportunité (voire de cette dernière chance) pour inventer une nouvelle presse hebdomadaire, loin des marronniers classiques. "Nous étudions différentes pistes, dévoile Christian Makarian. L'une d'entre elles, la psychologie: "parlez-moi de moi, il n'y a que ça qui m'intéresse". Autre possibilité: profiter de la déculturation générale et développer notre apport pédagogique. Aussi surprenant que cela puisse paraître, les unes sur Nietzsche ou Platon se vendent bien, car les gens préfèrent lire un article de vulgarisation qu'un ouvrage entier".


Et vous, comment voyez-vous les news magazines de demain? Lisez-vous ceux d'aujourd'hui ?

 

 

Sur Twitter, retrouvez le live-tweet de la master-class grâce au hashtag #masterclassedj.

 


2questions à Christian Makarian (L'Express)
envoyé par ecoledejournalisme.- Regardez les dernières vidéos d'actu. 

  

 

Crédit photo: Alexandre Marchand 

 

Crédit vidéo: Raphaël Proust

Commentaires
Rechercher
Seul les utilisateurs enregistrés peuvent écrire un commentaire!

3.26 Copyright (C) 2008 Compojoom.com / Copyright (C) 2007 Alain Georgette / Copyright (C) 2006 Frantisek Hliva. All rights reserved."



 
< Précédent