Attractivité : la stratégie de François Hollande pour séduire les investisseurs étrangers

par MANEVAL Théo

Après sa visite dans la Silicon Valley mercredi 12 février, le chef de l'Etat continue de faire la cour aux chefs d'entreprises étrangers avec le Conseil Stratégique de l'Attractivité ce lundi. Ces derniers jours, François Hollande a voulu montrer que "la France est un pays où on peut investir", et s'est appuyé sur plusieurs annonces pour convaincre.

 

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 François Hollande lors des Journées de Nantes, le 19 janvier 2012.

Flickr/CC/jmayrault

 

 

 Il faut dire que les chiffres provisoires publiés récemment la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced) en matière d'investissement ne sont pas reluisants : les investissements directs étrangers en France ont chuté de 77% en 2013, à un peu moins de 6 milliards de dollars, explique Le Monde.

 

Arsenal de nouvelles propositions


Pour convaincre les patrons étrangers de venir investir en France, François Hollande et son gouvernement ont dévoilé ces jours-ci un arsenal de nouvelles propositions :

  • Comme il l'avait évoqué en Californie, le président de la République planche sur un dispositif permettant aux start-ups françaises d'attirer financièrement les jeunes talents généralement attirés par les grands groupes, explique 20minutes
  • Pour s'appuyer sur la jeunesse, le chef de l'Etat prévoit aussi des mesures en faveur des étudiants créateurs d'entreprises. Après son voyage aux Etats-Unis, il a demandé au patron du Medef, Pierre Gattaz, de s'inspirer du modèle californien pour proposer des offres d'embauches aux étudiants en fin ce cycle qui leur permettent de "disposer d'une sécurité pour développer leur propre entreprise", rapporte encore 20minutes.
  • Pour attirer les créateurs étrangers, la ministre du Commerce Extérieur Nicole Bricq a annoncé dimanche sur le plateau de Grand Rendez-Vous d'Europe1/iTélé/LeMonde la réduction des délais d'obtention de visas pour les hommes d'affaires étrangers. A travers le dispositif des "passeports talents ", 5 000 à 10 000 entrepreneurs étrangers chaque année devraient ainsi recevoir un visa en quelques jours, au lieu des trois à huit semaines nécessaires actuellement. La ministre a souligné que le ministère des Affaires étrangères "a déjà donné des ordres très précis pour traiter cela en heures" dans certains consulats, rapporte Métronews.
  • Pour faciliter l'accueil des expatriés arrivant à Paris, François Hollande a également fait part de sa volonté de relancer le projet de liaison directe entre l'aéroport Charles-de-Gaulle et le centre-ville de la capitale. Le ministre des Transports Frédéric Cuvillier a confirmé, fin janvier, le relancement du projet. Cela devrait permettre de relier Paris et l'aéroport CDG en une vingtaine de minutes à l'horizon 2023, toujours selon Metronews.
  • Dans un souci d'efficacité, le chef de l'Etat a également officialisé ce matin la fusion entre Ubifrance (l'Agence française pour le développement international des entreprises, qui aide les entreprises françaises à l'export) et l'Afii (Agence française pour les investissements internationaux). Les deux entités chargées de l'investissement en France seront désormais regroupées sous la bannière "France international", explique Le Figaro.

Piqûre de rappel sur les réformes déjà engagées

 

Dans sa stratégie de séduction, François Hollande s'appuie également sur les réformes engagées par le gouvernement auprès des entreprises pour montrer sa capacité à travailler main dans la main avec leurs dirigeants :

  • La réforme du marché du travail, votée au printemps dernier. Elle a donné plus de flexibilité aux entreprises pour baisser les salaires ou le temps de travail en cas de période difficile, mais aussi facilité la déjudiciarisation des licenciements, comme l'explique France 24.
  • Le "choc de simplification", dont le chef de l'Etat assurait encore le service après-vente au mois de janvier dernier. Il doit donner plus de visibilité aux chefs d'entreprises sur la législation en vigueur, ou encore les aider à se tourner vers l'international, détaille l'Express.
  • François Hollande ne manquera pas de rappeler aujourd'hui la mise en oeuvre de son Pacte de responsabilité, lancé le 21 janvier. Principal intérêt pour les entreprises, un allègement de charges avec la fin des cotisations familiales, rappelle Ouest France.

Le gouvernement espère voir sa stratégie porter ses fruits. L'enjeu de l'attractivité française est de taille : si 73% des investisseurs étrangers implantés en France se déclarent satisfaits, seuls 36% des investisseurs interrogés par le cabinet Ernst & Young envisagent de s'installer dans l'hexagone.


 

 



 

Leçons de journalisme en banlieues

par ANTHEAUME Alice

Crédit: Flickr/CC/fral-torqui

Crédit photo: Flickr/CC/fral-torqui

Les médias maltraitent-ils les banlieues? Les journalistes sont ils trop blancs et/ou trop bourgeois pour couvrir les périphéries des villes? David Dieudonné, journaliste à l’AFP, invité à donner une master class à l’Ecole de journalisme de Sciences Po, a listé 12 leçons de journalisme apprises en banlieue. «Grâce à» la banlieue, corrige-t-il, alors qu’il vient de finir, en tant que journaliste professionnel, un Master of Arts à Columbia University, à New York, pour confronter son expérience de la banlieue parisienne – dont il a coordonné la couverture à l’AFP de 2010 à 2012 – au modèle américain de lutte contre les discriminations.

 

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Italie : La fulgurante ascension de Matteo Renzi

 Article publié le 14-02-2014 par PALASCIANO Andréa

La guerre fratricide entre les deux leaders du Partito Democratico italien (PD) s'est soldée par la démission du Président du Conseil Enrico Letta vendredi 14 février. La voie semble donc libre pour le jeune secrétaire général du parti Matteo Renzi, qui a connu une carrière éclair depuis à peine plus d'un an.

 

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Matteo Renzi à Florence en 2010 / Crédit image: Flickr/CC/BTO-Buy Tourism Online


 

Evincé du pouvoir par son cadet, le Président du Conseil en exercice Enrico Letta a remis sa démission au président de la République Giorgio Napolitano vendredi 14 février. Cette annonce survient après l'adoption à une très large majorité par le Parti démocrate d'une motion de défiance demandant la formation d'un nouveau gouvernement. Le chef du PD Matteo Renzi deviendrait le nouveau Président du Conseil. Vierge en politique à seulement 39 ans, Renzi se présente comme le successeur logique à la tête du pays.

 

  • Il Rottamatore" - le rouleau compresseur

 

Il y a seulement un an et demi, Matteo Renzi était un parfait inconnu.

Élu à 34 ans à la mairie de Florence, ville moyenne sans poids politique particulièrement important, il a depuis connu un parcours sans précédent. Depuis le 8 décembre dernier, il est à la tête du Parti démocrate, le plus grand parti italien - héritier du Parti communiste - majoritaire dans la coalition actuelle.

 

Sans expérience parlementaire et sans autre mandat électif que la mairie de Florence, il doit son succès à son style jeune et dynamique, mais aussi à la fossilisation de l'élite politique italienne. À la tête du PD, celui que l'on surnomme „il rottamatore" („rottamare" signifie „mettre à la casse"), a mis sur pied un programme de réformes urgentes. Sa mesure phare prévoit une refonte du système électoral italien. Pour son élaboration, Renzi n'a pas hésité à consulter Silvio Berlusconi.

 

  • Tuer le père - Letta évincé

 

Le duel entre les deux ténors du PD s'était amorcé dès les premières semaines de Renzi à la tête du parti. Renzi a en effet multiplié les attaques contre le président du Conseil au fil des semaines. Après un long entretien entre les deux hommes mercredi, Letta a tenté de lutter en présentant mercredi soir à la presse un programme de gouvernement. Mais le vote de la motion de défiance de jeudi a été sans appel. Letta s'est incliné. 

 

  • Un réformateur sans programme

 

Matteo Renzi sera ainsi vraisemblablement le troisième Président du Conseil consécutif - après Mario Monti et Enrico Letta lui-même - à ne pas être passé par les urnes. Sans légitimité parlementaire, Renzi manque également d'un programme concret. Sa stratégie est ainsi bâtie notamment sur la création d'un sentiment d'urgence réformatrice. Il table ainsi sur la crise politique et économique dans laquelle est embourbée l'Italie pour entreprendre une fuite vers l'avant.

 

Les ingrédients de son succès sont son parler franc et son style direct, l'appel au peuple et la condamnation de la classe politique. Alors que certains journalistes voient en lui un nouveau Tony Blair ou Barack Obama, les parallèles semblent forts avec l'ascension, il y a 20 ans, de l'outsider Silvio Berlusconi, qui avait tablé sur le même cocktail populiste.



 
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