par ECOLE DE JOURNALISME
"Les classes moyennes sont essentielles car elles souffrent et sont en état de déclassement." Cette phrase a été prononcée par le directeur de campagne de Marine Le Pen, le 8 janvier. La candidate FN à l’Élysée n'est pas la seule à se tourner vers les classes moyennes, enjeu majeur de la présidentielle. François Hollande (PS), Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche) et François Bayrou (MoDem) lorgnent aussi sur ce réservoir de voix. Tout comme le gouvernement : il y a deux mois, le ministre de l'Enseignement supérieur Laurent Wauquiez publiait La lutte des classes moyennes.
Dans le cadre d’une semaine intensive
de presse écrite, 18 étudiants en première année de l’Ecole de
journalisme de Sciences Po ont enquêté sur
les classes moyennes. Découvrez leurs travaux à partir de ce lundi 23
janvier.
Vous avez le bonjour de Mesdames Michu
Crédit photo : Flickr/CC/Myben.be
Ils sont célèbres bien que personne ne sache qui ils sont vraiment. On parle d’eux comme de vieilles connaissances sans jamais les avoir rencontrés. Ils seraient assez nombreux pour remplir un annuaire des Postes, version 1930. "Ils", ce sont ces Français moyens que les hommes politiques convoquent à longueur de discours.
- Mme Michu : la plus célèbre. Elle répand son bon sens légendaire sur les plateaux de télévision et dans les émissions de radio.
- M. Tout le Monde : quoiqu’il ne soit pas l’époux légitime de Mme Michu, il est au centre des conversations et des dîners en ville.
- Machprot : très prisé par la hiérarchie militaire, il était le bidasse idéal à l’époque de la conscription.
- M. Duchmol : version légèrement ironique et condescendante de M. Tout Le Monde avec lequel il entretient un cousinage de Café du Commerce.
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par ARMAND Jérémy
"Les classes moyennes sont essentielles car elles souffrent et sont en état de déclassement." Cette phrase a été prononcée par le directeur de campagne de Marine Le Pen, le 8 janvier. La candidate FN à l’Élysée n'est pas la seule à se tourner vers les classes moyennes, enjeu majeur de la présidentielle. François Hollande (PS), Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche) et François Bayrou (MoDem) lorgnent aussi sur ce réservoir de voix. Tout comme le gouvernement : il y a deux mois, le ministre de l'Enseignement supérieur Laurent Wauquiez publiait La lutte des classes moyennes.
Dans le cadre d’une semaine intensive de presse écrite, 18 étudiants en première année de l’Ecole de journalisme de Sciences Po ont enquêté sur les classes moyennes. Découvrez leurs
travaux à partir de ce lundi 23 janvier.
Immersion en classe moyenne. A la rencontre d'un couple
d'informaticiens en banlieue parisienne qui commence à se faire du souci
pour ses deux enfants, encore étudiants.
Michel *, 58 ans, doit faire demi-tour. Cet ingénieur informaticien au Crédit Agricole en route vers son travail a oublié d’activer l’alarme de son pavillon, situé à Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne), ville de 30.000 âmes dans la banlieue sud-est de Paris. Pas question pour ce père de deux enfants de laisser sa maison sans surveillance électrique, un système dont il ne se passe plus depuis un cambriolage subi il y a deux ans.
Le Touran familial gravit les hauteurs de Villeneuve, où se niche le quartier résidentiel qu’il occupe. "Dans cette ville, il n’y a plus de quartiers privilégiés. Et avec l’appauvrissement, les gens qui étaient déjà à la limite de la pauvreté peuvent facilement basculer dans le vol." Michel pose un regard amer sur les changements de cette ville de banlieue autrefois sans histoire. "Quand je suis arrivé il y a 20 ans, la rue commerçante dans le centre était très prisée. Aujourd’hui, il n’y a plus de bons magasins, plus de poissonniers, de fromagers, de magasins de vêtements.Tout se dégrade. Les pavillons autour de nous sont rachetés un à un par des familles étrangères, avec dans une maison parfois deux, trois familles et plusieurs enfants."
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par PETER Cyril, PÉCOUT Adrien
"Les classes moyennes sont essentielles car elles souffrent et sont en état de déclassement."
Cette phrase a été prononcée par le directeur de campagne de Marine Le
Pen, le 8 janvier. La candidate FN à l’Élysée n'est pas la seule à se
tourner vers les classes moyennes, enjeu majeur de la présidentielle.
François Hollande (PS), Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche) et
François Bayrou (MoDem) lorgnent aussi sur ce réservoir de voix. Tout
comme le gouvernement : il y a deux mois, le ministre de l'Enseignement
supérieur Laurent Wauquiez publiait La lutte des classes moyennes.
Dans le cadre d’une semaine intensive
de presse écrite, 18 étudiants en première année de l’Ecole de
journalisme de Sciences Po ont enquêté sur
les classes moyennes. Découvrez leurs travaux à partir de ce lundi 23
janvier.
Christophe Charle, à l'Ecole normale supérieure (ENS) de Paris
Crédit photo : Cyril Peter
Quel sens donner à la notion complexe de classes moyennes ? Christophe Charle, professeur d'histoire contemporaine à Paris I Sorbonne, a réfléchi à la question.* A ses yeux, le concept de classes moyennes correspond davantage à des stratégies politiques qu’à une définition sociologique précise. Entretien.
A quelques mois de la présidentielle, Laurent Wauquiez a placé les classes moyennes au cœur des débats avec La lutte des classes moyennes. Pourquoi un tel discours ?
Christophe Charle. C’est un thème qui revient régulièrement, de manière cyclique. Là, il s’agirait de justifier le fait que Nicolas Sarkozy n’est pas le président des riches, ce qu’ont pourtant affirmé dans un livre deux sociologues, Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot**. Le gouvernement est très mal à l’aise face aux classes populaires. Depuis l’augmentation des impôts, la stagnation du pouvoir d’achat, il ne peut plus leur tenir le discours triomphaliste d’il y a cinq ans. D’autant qu’elles peuvent être séduites par des idées plus à gauche ou même par le Front national.
On parle beaucoup des classes moyennes, mais comment les définir ?
Christophe Charle. Sociologiquement, il y a un flou artistique autour de la notion. C’est ce qui permet aux politiciens de classer les gens en des classes plus ou moins arbitraires, selon ce qu’ils souhaitent démontrer pour aller dans le sens de leurs intérêts. Il y a toujours des enjeux politiques derrière l’évocation des classes moyennes, à travers des théories pessimistes ou optimistes en fonction de la conjoncture.
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