Jérôme Bourdon en master class


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L'École de journalisme de Sciences Po a le plaisir de vous inviter à la master class de Jérôme BOURDON, Professeur du département de Communication à l'université de Tel Aviv et chercheur au Centre de Sociologie de l'Innovation à Paris. 

 

Sujet de la master class: "Un récit impossible? Le journaliste face au conflit israélo-palestinien"

 

La master class, ouverte au public dans la limite des places disponibles (inscription obligatoire auprès de Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir ) se déroulera le jeudi 28 mars de 18h à 19h30 à l’École de journalisme de Sciences Po, 117 boulevard Saint Germain, 75006 Paris.

 

La présence des étudiants de première année de master en journalisme et du double diplôme "Journalism and International Affairs" est obligatoire, ainsi que des étudiants du "spring program" en journalisme. 

 

 

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Stephen Doig en master class


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L'École de journalisme de Sciences Po a le plaisir de vous inviter à la master class de Stephen Doig, le directeur de la chaire de journalisme spécialisée en "computer-assisted reporting" à l'école de journalisme Walter Cronkite de l'Université d'Arizona.

 

Qu'ont apporté les ordinateurs au journalisme? Quelle est l'histoire du journalisme de données aux Etats-Unis? 

 

La master class, ouverte au public dans la limite des places disponibles (inscription obligatoire auprès de Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir ), se déroulera en anglais le jeudi 21 mars de 18h à 19h30 à l’École de journalisme de Sciences Po, 117 boulevard Saint Germain,75006 Paris.

 

La présence des étudiants de première année de master en journalisme et du double diplôme "Journalism and International Affairs" est obligatoire, ainsi que des étudiants du "spring program" en journalisme. 

 

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Jean-Marc Manach ou l’art d'utiliser le code au service de l’information


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  Jean-Marc Manach lors de la master class de l'Ecole de journalisme de Sciences Po

Crédit photo: Thomas Paga

 

Alors que Jean-Marc Manach se destinait à une carrière dans le cinéma, il se retrouve avec "les mains dans le code". Une activité au départ ludique. Mais le journaliste de l'émission de France 5 Le Vinvinteur, dédiée au Web et à la culture digitale, apprend par ses propres moyens à utiliser le Web pour informer. Et même plus, pour vérifier les informations des autres médias et des sources officielles.

  • Quand Manach devient "Manhack"

Jean-Marc Manach n'a pas fait d'école de journalisme. Le journaliste de 42 ans a commencé par faire des films qui ressemblaient plutôt à des documentaires au milieu des années 1990, avant d'être frappé par les possibilités qu'offraient Internet pour trouver et partager des informations. "Je me suis intéressé au Net au pire moment", explique-t-il. A l'époque, Françoise Giroud, journaliste, écrivaine et ancienne vice-présidente de l'Union pour la Démocratie Française (UDF), déclarait que l'Internet était "un danger, car n'importe qui peut raconter n'importe quoi". Une formule à laquelle le journaliste s'oppose, fervent défenseur de la liberté d'expression et de partage en ligne.

 

A la fin des années 1990, "Internet était censé n'être que des pédophiles, des nazis et des pirates informatiques", dit-il. Si Jean-Marc Manach avoue avoir rarement rencontré les deux premiers, il a en revanche rapidement compris que les pirates informatiques étaient omniprésents. Il découvre le "hacking", cet art d'arriver "à faire faire quelque chose à quelque chose qui n'était pas prévu à la base". Mais il comprend que les gouvernements cherchent également à utiliser les données informatiques des populations, notamment avec le fameux programme américain Echelon, le système mondial d'interception des communications publiques et privées.

 

  • S'approprier les outils du Web

Autodidacte, le blogueur du Monde.fr apprend seul à comprendre le code et à en maîtriser les subtilités. "Au début des années 2000", il passe sur Linux. Il utilise ses aptitudes pour trouver des informations que les développeurs des sites Internet de l'époque ne savaient pas encore bien cacher. Par exemple, lorsque l'agence Reuters annonce fièrement en 2001 sur son site être la première agence sur le Net, il arrive à faire un clone de leur site. Reuters ne s'en est même pas rendu compte, car Jean-Marc Manach n'a pas utilisé les données récupérées. "C'était pour m'amuser" résume-t-il.

 

Selon lui c'est ce travail d'apprentissage en amont "pour s'amuser" qui lui a permis de faire du journalisme web de qualité. "Hors de question que je me retrouve à copier des dépêches AFP. Je veux apporter une valeur ajoutée, trouver quelque chose que personne ne sait". Jean-Marc Manach développe alors des stratégies pour multiplier ses sources. Il créé lui-même manhack.net, un méta moteur de recherche qui agrège entre autre dictionnaires, blogs, moteurs de recherches. Un atout pour recouper les sources et vérifier les informations.


Jean-Marc Manach voit dans l'Internet une réelle opportunité pour le journalisme. Attentif à chaque commentaire des internautes sur ses articles, il explique comment, certaines fois, il a réussi à obtenir des témoignages inédits et inespérés. Après son enquête sur "les doigts brûlés de Calais", à propos de demandeurs d'asile qui se mutilent les doigts pour effacer leurs empreintes digitales et ne pas être fichés par la sous-préfecture, il répond à un commentaire anonyme posté sous son article. Sans savoir qu'il décrocherait grâce à ça une interview d'un gendarme en charge de la traque des sans papiers à Calais, soumis au secret professionnel.

 

 

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  Jean-Marc Manach montre la carte interactive qu'il a créé pendant ses années au sein de la rédaction du site OWNI, disparu en décembre 2012

  Crédit photo: Thomas Paga

  • Brouiller les pistes pour protéger ses sources

Pour Jean-Marc Manach, la protection des sources lorsque l'on travaille sur le Web est une question de précaution. Il s'en est rendu compte à la fin des années 1990, lorsqu'il a rencontré un employé de banque qui lui disait détenir des informations "capables de faire sauter la Banque de France". Mais comme ils n'étaient que très peu de salariés à avoir accès à ces informations, Jean-Marc Manach savait qu'il n'arriverait pas à protéger sa source. Il se met alors à protéger ses données informatiques, et offre la possibilité pour ses lecteurs, à la fin de chacun de ses articles, de le contacter de manière cryptée "de manière anonyme et sécurisée".

 

"Aujourd'hui c'est quasiment impossible de protéger son ordinateur". En découvrant les avantages de l'informatique, le journaliste du Vinvinteur se rend également compte de ses revers. Ses conseils: "utiliser La Poste", "privilégier les contacts physiques" et utiliser un système de protection de chiffrement comme le Pretty Good Privacy (PGP). "Pouvoir sécuriser ses sources, c'est quelque chose qui amène du scoop". 

  • Chercher l'information là où on ne la donne pas: la recherche du signal faible

Si Jean-Marc Manach met souvent ses connaissances en code au service de la recherche d'information, il insiste aussi sur un de ses principes: ne pas s'arrêter à l'information officielle. Il donne l'exemple de son article de 2010 sur la vidéosurveillance. Le journaliste fait état d'un "rapport sur l'efficacité de la vidéoprotection" qui avait été mis en avant par Brice Hortefeux, alors ministre de l'intérieur, pour justifier l'efficience des caméras de surveillances contrôlées par la police et gendarmerie. Sauf qu'en épluchant le rapport, Jean-Marc Manach s'est rendu compte que les "exemples" donnés en annexe du dossier pour prouver l'efficacité des vidéos de surveillances... Ne concernaient pas, en majorité, des vidéos surveillées par la police, mais plutôt des caméras utilisées par des particuliers qui ont filmé, par hasard, un délit. "Les faits marquants n'étaient pas dans l'introduction, ni la conclusion du rapport, évidemment. Je les ai trouvés dans l'annexe!" insiste le journaliste."Les informations intéressantes ne sont pas dans ce que les gens mettent en avant. La vraie information qui amène une histoire, c'est le signal faible".

 

C'est ce souci de transparence qui a poussé le journaliste à se lancer dans le projet de Wikileaks. A l'époque où la première salve de données confidentielles a été divulguée par Wikileaks, Jean-Marc Manach, alors journaliste pour OWNI (un pure-player spécialisé dans le journalisme de données, qui a mis la clé sous la porte en décembre 2012) participe au projet développé entre Wikileaks et OWNI. Le pure-player créé alors wikileaks.owni.fr, qui regroupe des articles mais aussi une carte interactive du monde qui identifie les entreprises qui participent à la surveillance sur Internet (cette carte n'est plus visible sur le Web, mais une archive du site est disponible pour se faire une idée de la présentation de la carte interactive).

 

Aller chercher l'information là où les autres ne vont pas, c'est bien le credo de Jean-Marc Manach. C'est en l'Internet comme outil de veille, de recherche mais aussi de partage d'information que le journaliste croit. Quitte à délaisser certains autres médias: "Je ne regarde presque plus la télé", conclut-il, même si il y travaille actuellement. "Et je préfère souvent regarder le long papier du blogueur Maitre Eolas qui analyse un projet de loi que juste le court article d'un journaliste qui le résume mal".



 
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